Système: Lorsque le système s’attaque aux enfants

Publié le par Le Mendiant

Ce que dit la presse :

A l’avenir, les sans-enfants pourraient bien s’inspirer de nos voisins européens, de plus en plus rétifs à subventionner Pampers. En Grande-Bretagne et en Finlande, 20% des femmes n’ont pas d’enfant. […] « En Floride, note Corinne Maier, il existe des childfree zones, des résidences pour trentenaires et interdites aux moins de 13 ans. » […] « L’incroyable n’est pas de ne pas vouloir d’enfants, lance Carlotta. C’est surtout d’en vouloir qui est stupéfiant. On a déjà toutes sortes de contraintes. L’enfant, c’est la contrainte ultime. Il passe toujours avant. » Egoïste ? Le qualificatif s’abat invariablement sur l’anti-kid.

Source : Les babyphobes, Nouvel Observateur N°2221, 31 mai 2007, Isabelle Curtet-Poulner, p. 95


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Commentaires du Mendiant :

Egoïstes ?  Bien sur que non : plutôt malades d’une société qui n’accepte plus la moindre contrainte, la moindre responsabilité.  Après le travail (« Bonjour paresse », son précédent livre), Corinne Maier s’attaque donc aux enfants : eux aussi requièrent de l’effort !  Ne pas en avoir, c’est à n’en point douter se préserver de nombreux tracas !

Quelle sera la prochaine étape ?  Les parents ? Le conjoint ?  De manière ultime, ce sera la vie elle-même : on est tellement plus tranquille une fois mort…  Mais à suivre le raisonnement, aurait-on même pu naître ?   Corinne Maier aurait-elle trouvée le moyen d’être une adulte épanouie sans passer par le stade de l’enfance ?

A-t-on besoin d’enfants pour exister ?  Certes non !  Mais les enfants ne sont pas non plus une entrave à l’accomplissement, sauf évidemment à considérer l’accomplissement sous le seul aspect de la carrière ou du compte en banque… Dans la voie de la sagesse et de la patience, dans la voie de l’humanisme, dans la voie de l’émerveillement, peu d’aventures sont aussi enrichissantes que celle d’élever un enfant!

On a tout à fait le droit de ne pas vouloir d’enfants (encore heureux !) et, de toute évidence, un certain nombre auraient mieux fait d’être différés : pourquoi faire des enfants si l’on n’est effectivement pas prêt à s’en occuper, si on les abandonne à eux-mêmes à la moindre difficulté ?

A quoi peut donc bien servir un enfant ?  A subventionner Pampers ?  A faire tourner le système (voir le précédent dossier sur l’exploitation des enfants) Ce doit-être un peu plus subtil que cela…

D’abord, un enfant doit-il servir à quelque chose ?  Un enfant ne saurait évidemment être soupesé sur la balance de l’utilitarisme ou du business.  On ne fait pas un enfant pour soi mais pour lui. On n’éduque pas un enfant pour le garder mais pour lui apprendre à nous quitter.

Comme le dit le Majordome dans le conte Le Mendiant et le Milliardaire, « Les enfants, c’est essentiel, vous savez : ce sont à la fois des sources de bonheur, de lâcher-prise et de générosité. Il faut se mettre à leur niveau et les encourager à nous dépasser, puis à nous quitter… »

Un enfant aura un coût mais le sourire d’un enfant n’a pas de prix. L’enfant est un sacrifice ?  Arrive l’enfant et c’est effectivement une autre vie qui commence : nous voilà adulte et doublement  responsable !  On ne s’ennuie jamais avec un enfant !

C’est compliqué un enfant ?  C’est surtout complexe. C’est fatiguant un enfant ?  Nettement moins que deux !  Une femme disait un jour à propos de son enfant devenu grand : « Quand il était petit, il était tellement mignon que j’avais envie de le croquer. Quand il est devenu ado, j’ai regretté de ne pas l’avoir fait ! » 

Pour qu’il y ait des « hauts » (et Dieu sait s’il y en aura !), il faut nécessairement des « bas ». La vie est ainsi faite : il faut accepter de vivre pour exister !  Et rien de tel, pour se sentir vivant, que de transmettre la vie !


Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…


Système: Lorsque le système s’attaque aux enfants
2007 © Benoît Saint Girons
Photo: Thailand, 1995 © Benoît Saint Girons

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