La consomm'Action: le tamis de l'éthique

Publié le par Le Mendiant

3. Le tamis de l’éthique…

Le produit est-il vertueux ? A-t-il été fabriqué dans de bonnes conditions d’hygiène, de sécurité et de salaire ? A-t-il été produit par des enfants ? Respecte-t-il le copyright et la propriété intellectuelle ? Est-il respectueux des normes de sécurité ? Son but est-il bon ? Préserve-t-il l’emploi dans mon pays ? Est-il distribué par une société tournée vers le fric ou les hommes ?

Sur 210 millions d’enfants de 5 à 14 ans forcés de travailler dans le monde, plus de 10 millions le sont dans des secteurs d’exportation contrôlés par des multinationales occidentales. (source: « Le dossier noir des multinationales », magazine Capital, Avril 2003)

Selon le Bureau international du travail, 170 000 personnes meurent tous les ans dans le secteur de l’agriculture, du fait de conditions de travail dangereuses et notamment de l’utilisation intensive de pesticides bannis en Occident. Alors, sommes-nous prêts à payer un peu plus pour des bananes et des produits décents ?

Ce qui se passe à l’étranger se passe aussi parfois chez nous, avec notamment le recours par de grands groupes à des « sous-traitants négriers ». [...] Pour un abus révélé, combien de cachés ? Quelles sont vraiment les conditions de travail de tous les clandestins ? « Disponibles, peu coûteux et dans l’incapacité de réclamer leurs droits, ils sont des salariés "très avantageux" pour leurs employeurs » note François Brun, chercheur au Centre d’étude de l’emploi. (source: Libération, 6 décembre 2004, cité par Perrine Cherchève, Tout ce que l’on a jamais osé dire sur l’immigration, Marianne, 15 janvier 2005)

La contrefaçon représente de 5 à 9% du commerce mondial soit 200 à 300 milliards d’euros par an ! Il peut être tentant d’acheter pour quelques euros une copie d’un article qui en vaut plusieurs centaines ou milliers. Après tout, si cela peut coûter aussi peu cher, pourquoi payer plus ? N’est-ce pas la meilleure manière de se jouer des marques ? Ne vaut-il pas mieux aider les pays en développement que les multinationales ? Non.

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

A priori, vous ne rentrerez pas de vacances avec une courroie de transmission. Toutefois, les filières de la contrefaçon sont contrôlées par les mafias et se relient : si vous achetez une montre, vous supportez indirectement la contrefaçon d’autres produits qui, eux, seront probablement consommés par la population locale. Dans les années 1990 au Nigéria, 200 enfants sont décédés après avoir absorbé un sirop contre la toux auquel avait été mélangé un solvant industriel… Vous voulez aider les pays pauvres ? Alors soutenez l’artisanat local en achetant localement des produits locaux ! Quelle tristesse de toute façon que de rentrer de l’étranger avec de faux produits occidentaux...

Pour 2005, la grande distribution française annonçait l’embauche de 26 500 personnes. Ce chiffre, attrayant en apparence, est toutefois l’arbre qui cache le parking : il répond surtout au besoin de remplacer les collaborateurs qui partent à la retraite ou qui démissionnent à cause de conditions de travail difficiles. En réalité, un emploi créé en grande surface conduit à la disparition de 3 à 5 emplois ailleurs, généralement dans le petit commerce et chez les fournisseurs pressurés ou ruinés [...] 30000 stations-service ont été remplacés par 3000 stations-sans-aucun-service en grande surface ! Or, à volume égal, ces dernières emploient cinq fois moins de personnel… (source: Christian Jacquiau, Comment les hypers détruisent des milliers d’emplois, dossier « Le livre noir de la grande distribution », Marianne, 18 décembre 2004)

Selon l’Onusida, 96% des malades n’ont pas accès aux soins, notamment parce que les fabricants refusent de baisser leurs tarifs ou d’autoriser des génériques de leurs molécules. (…) « L’industrie pharmaceutique sera tenue pour responsable du drame africain. En ayant perdu sur le terrain de la morale la plus élémentaire, elle pourrait bien y perdre au-delà de tout ce qu’elle peut imaginer sur les autres plans, y compris financier » annonce Philippe Pignarre à propos de cette affaire. (source: Le grand secret de l’industrie pharmaceutique, La Découverte, 2003, p. 121)

Suite de la consomm'Action: le tamis (bio) de l'écologisme... 

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