La consomm'Action: le tamis de la manipulation

Publié le par Le Mendiant

1. Le tamis de la manipulation…

D’où vient mon idée d’achat : de moi ou d’une publicité que j’ai vue, lue ou entendue ? Cette publicité est-elle honnête ou exagérée ? Vais-je vraiment changer de vie en achetant ce produit ? Ai-je obéi à un effet de mode ? S’est-on moqué de moi parce que je n’avais pas ce produit ? La photo ou la mise en scène de ce produit correspondent-ils vraiment à la réalité ? Suis-je placé en mode « achat » par les circonstances : fêtes, anniversaires, soldes ? L’emballage cache-t-il la forêt ? Ce nouveau produit est-il vraiment si nouveau que cela ou bien simplement mieux relooké et plus cher ?

C’est le rôle de la publicité que de transformer le crapaud en prince charmant : un produit banal devient une innovation extraordinaire et extrêmement sexy qu’il me faut absolument acquérir sous peine de passer pour un ringard coincé du portefeuille. Ah si tous les carrosses se retransformaient à minuit en citrouilles! Que de surprises dans les placards!

« De nombreux clients se font piéger et n’hésitent pas à payer deux fois plus cher un simple produit de base uniquement en raison de son emballage. Au pays de la grande distribution, l’habit ferait-il le moine ? » s’interroge le magazine Que Choisir (Florence Humbert, Pas de quoi s’emballer !, Que Choisir, Février 2005, p. 48)

 

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

 

 

 

Bien souvent, les nouveautés n’ont de nouveauté que le nom. « L’innovation marketing mineure » est en effet la meilleure technique pour augmenter les prix sans trop mécontenter les consommateurs: un nouveau packaging, une campagne de pub bien ficelée et la disparition des anciens produits laisseront peu de choix aux fidèles clients et en attireront peut-être de nouveaux.

Les industriels ont, ces dernières années, également multipliés les occasions d’achat [...] Mais leur plus beau coup fût l’importation de la fête américaine d’Halloween : s’adresser aux enfants permet toujours de mieux manipuler les parents. Quel parent accepterait encore aujourd’hui de passer pour un monstre en ne permettant pas à ses enfants de se déguiser (en monstres) pour participer à la fête (des monstres) ? Le pire dans cette affaire? La monstrueuse coutume du « treat or tricks » : « tu me files des bonbons ou je te joue un sale tour », qui ne manquera pas d’être prolongée par les enfants au-delà d’Halloween, pour le plus grand bonheur du système. Entre monstres…

 

Suite de la consomm'Action: le tamis de l'utilité... 

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