De la CONsommation à la consommACTION

Publié le par Le Mendiant

CON-sommation ou consommACTION ?

 

La remise en cause du système passe nécessairement par un changement de nos habitudes de consommation. Demander aux autres de changer sans rien changer à ses propres habitudes n’est ni responsable ni réaliste. C’est à chacun d’entre-nous de faire l’effort d’une consommation et d’un développement raisonné. C’est à chacun d’entre-nous de prendre conscience que la croissance à tout prix mène dans le mur.

Le Mendiant est un petit conte philosophique: nulle place dedans pour des techniques!  Pour ce qui suit, nous avons donc été puiser dans la bibliothèque du Mendiant et plus précisément dans un livre pratique intitulé: "L'Autre Choix: choisir la liberté et le bien-être" de Benoît Saint Girons.

Attention: le style en est bien plus directif et son objectif est bel et bien de changer nos habitudes de consommation. J'invite donc les lecteurs qui ne souhaitent pas de "leçons" de consommACTION ou qui souhaitent continuer à consommer en toute irresponsabilité à changer de page...

Nous vivons en effet dans une société où consommer, comme se nourrir ou respirer, est considéré comme un besoin naturel et une source d’épanouissement. Pour preuve, le lien supposé entre la consommation et le moral des ménages : si je suis heureux, je vais logiquement consommer davantage…


 Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

Logiquement ? N’est-ce pas plutôt lorsque les températures chutent que la consommation d’énergie augmente ? N’est-ce pas lorsque nous avons faim que nous mangeons le plus ? La règle économique se trouve contredite par la loi naturelle : le vide appelle le plein; c’est lorsque quelque chose nous manque que nous essayons de compenser. Au contraire, pourquoi changer si je me sens bien ? Pourquoi consommer si j’ai déjà l’essentiel ?

 

Le système n’a aucun intérêt au bien-être des individus. Le malheur est un fonds de commerce autrement plus rentable : la pauvreté nous pousse à idéaliser l’argent, le cholestérol à consommer des régimes, les rides à fantasmer sur les cosmétiques, la maladie à abuser des pilules, les complexes à faire appel au coach, le besoin d’intégration à suivre la mode, le mal-être à acheter un livre sur le bien-être…

 

Suite au 11 septembre, de nombreux américains ont fait le serment de mieux vivre, c'est-à-dire de vivre de manière moins matérialiste. Or que constatons-nous ? En 2004, leur PIB a augmenté de 4,4%, une progression record depuis 1999 qui s’explique en partie par le dynamisme de la consommation des ménages (+ 3,8%). Il est vrai qu’entre la guerre en Irak, la crainte du terrorisme, un président honni par la communauté internationale, un dollar déprécié et la multiplication des working poors, les américains ont tout lieu de vouloir se changer les idées… Alors ils consomment. Que peuvent-ils (savent-ils ?) faire d’autre ?

 

La triste vérité est que le système se moque comme de ma chemise du bonheur des individus : cela fait belle lurette qu’il ne recherche pas des richesses mais des ressources humaines. Entre ses mains, l’individu est devenu une matière première, une sorte de pétrole mais avec des idées. Evidemment, dans ces circonstances, les idées sont souvent nauséabondes : comment pressurer encore un peu plus les fournisseurs, comment se passer un peu plus de l’homme, comment accroître la productivité, rendre les consommateurs captifs, spéculer ou augmenter la valeur financière de l’entreprise… Le système s’autorégule avec des hommes et des femmes dévoués et formatés à ses valeurs, selon le principe de la loi de la jungle. Certains (les plus forts ou les plus naïfs) y sont heureux. Quant aux autres…

 

Le système, plus ou moins inconsciemment (je ne suis pas sûr qu’il ait une conscience), travaille à maintenir l’individu dans un état de stress et de mal-être latent. Evidemment, il avancera le plus souvent masqué et il ira même jusqu’à organiser des salons sur la santé et le bien-être à la gloire des industriels. Car cela ne lui coûte rien de promettre le bonheur et les frustrations qui en découlent lui rapportent beaucoup. Les promesses n’engagent finalement que ceux qui dépensent sans trop penser…

 

Ceci étant dit, une critique systématique de la consommation serait aussi ridicule que d’abhorrer par principe tous les capitalistes. La consommation est évidemment nécessaire et, même au-delà des besoins physiologiques de base ou dans les stratosphères du superflu, elle pourra fort bien être synonyme de bien-être si nous la considérons comme telle. Consommer est finalement une question d’intelligence, de liberté et de sensations où l’homme doit retrouver ses esprits et sa juste place : il lui faut réapprendre à consommer pour vivre (et faire vivre) et non pas vivre (ou faire vivre) pour consommer…

 

Pour dire les choses plus simplement, nous aurions donc intérêt à ce que, dans tous les aspects de notre vie, nos émotions s’équilibrent un peu mieux avec notre raison: un peu plus d’émotions dans nos choix et activités professionnelles, un peu plus de raison dans nos loisirs et choix de consommation. Une vie est plus belle lorsqu’elle est harmonieuse…

 

Pour vous aider à réguler vos émotions, je vous propose, avant tout achat d’importance (et non après : ce qui est fait est fait !), de soumettre votre motivation aux cinq tamis...

 

Suite de la consomm'Action: le tamis de la manipulation...

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