L'alimenta'Action: l'indice des industriels...

Publié le par Le Mendiant

L’indice des industriels…

 

Grâce aux produits industriels, vous pouvez aussi vivre dangereusement chez vous. J’exagère bien sûr : tous les plats préparés ne sont pas mauvais en soi. En règle générale, les produits industriels et raffinés renfermeront toutefois moins de nutriments que les produits frais et possèderont un indice glycémique (IG) plus élevé.

 

Arrêtons-nous deux minutes sur ce nom barbare. L’indice glycémique est lié à la mesure du taux de glucose sanguin : un aliment possédant un IG élevé (supérieur à 70) provoquera une montée rapide du glucose dans le sang (on parle ainsi de « sucre rapide ») et la production d’insuline dans le pancréas (le « pic d’insuline ») pour tenter de résorber ce trop plein de sucre. Si l’insuline réussit son travail, le taux de sucre chutera alors fortement, avec le risque de se trouver en hypoglycémie et l’envie de manger à nouveau. Mais à la longue, surtout si la consommation est pauvre en fibres, le pancréas se fatigue et une résistance à l’insuline se développe. Le terrain est alors propice au développement du diabète et de la surcharge pondérale, avec un risque accru de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Les graisses ont été victimes d’une injustice : ce sont les sucres raffinés les coupables ! Voici, par ordre d’importance décroissante, quelques IG d’aliments :

 

Aliments à IG très élevés (plus de 100): glucose, riz précuit instantané, confiserie, corn-flakes, pommes de terre frites ou en purées, miel, carottes,…

 

Aliments à IG élevés (plus de 70) : soda, barre chocolatée, viennoiseries, baguette, flan, sucre blanc, pizza au fromage, flocons d’avoines, pâtisseries, riz blanc, pain complet, pommes de terre cuites à l’eau, muesli, riz complet, bananes, jus d’orange,…

 

Aliments à IG faibles ou modérés (moins de 70): chocolat noir, pâtes, fruits, légumes (frais ou secs), pomme de terre vapeur, patate douce, yaourt nature, lait, fructose, aromates, cacahuètes (non salées),…

 

Tout n’est évidemment pas à jeter dans les aliments à IG élevés : le miel, par exemple, peut être très bénéfique à doses raisonnables. Malgré une forte teneur en glucide, il a une moindre incidence sur la glycémie que les sucres simples du fait de sa teneur élevée en fructose. De même, il n’y a pas de problème à se faire plaisir de temps en temps. Ce sont à nouveau les abus qui sont à corriger. Remarquons aussi, avec l’exemple des pommes de terre, que le type de cuisson a une incidence importante sur l’IG des aliments, avec à nouveau une préférence pour la cuisson à la vapeur. La patate douce, d’une famille différente, fait partie des sucre lents et offre davantage de nutriments. (Thierry Souccar, La vérité sur la pomme de terre, Sciences et Avenir, Novembre 2004, p. 82.)

 Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

En règle de base, ce que nous consommons devrait être le plus complet, le moins raffiné et le moins transformé possible. « La bonne cuisine, c’est quand les choses ont le goût de ce qu’elles sont » disait Curnonsky. Limitons donc la farine blanche, la levure, le pain blanc, les biscottes et les viennoiseries au profit du pain complet au levain. Il est de plus en plus facile de trouver ce type de pain en boulangerie (sinon, direction les boulangeries bio !) mais la baguette continue de régner en reine. Dans La vérité sur le pain (Sciences et Avenir, Septembre 2004, p. 82), Thierry Souccar nous apprend que les nutritionnistes chargées de réhabiliter la baguette lors d’une opération de promotion en avril 2004 appartenaient au comité scientifique de l’Association nationale de la meunerie française, une structure promotionnelle créée par les industriels…

 

Limitons aussi les céréales de type corn flakes ou riz soufflé, inventions des industriels, au profit des céréales complètes ou des flocons d’avoine natures, sans sucre. Limitons le riz blanc au profit du riz complet. Limitons les sucreries, les confitures et les édulcorants intenses au profit du chocolat noir de qualité, du miel ou des fruits secs (avec modération). Limitons les noix ou cacahuètes grillés et salés au profit des noix, noisettes et amandes au naturel. Limitons les produits « sans ou à teneur réduite en cholestérol », allégés ou hydrogénés (les graisses « trans »), qui ont subi des manipulations industrielles, au profit de la bonne graisse. Limitons les laits ou petits pots pour bébés au profit du lait maternel.

 

Limitons les boissons au sucre au profit du thé (sans sucre), de l’eau ou des vrais jus de fruits (mais préférons-y tout de même les fruits au naturel car les jus sont faibles en fibres ; les jus du commerce, riches en sucre, devraient être coupé d’eau. En moyenne, les jus de fruits « sans sucre ajouté » contiennent en effet l’équivalent de 17 morceaux de sucre par litre (avec des pointes pour le jus de raisin ou de pommes) ! La dilution de ces boissons a ainsi donné d’excellents résultats dans la lutte contre l’obésité en Angleterre. (60 millions de consommateurs, Avril 2005)

 

Limitons les aliments hachés prédigérés (des steaks hachés aux poissons panés en passant par les Nuggets de poulet) au profit de ceux qui « tiennent au ventre ». Limitons les jambons de volaille « synthétique » au profit des jambons de porc secs dégraissés. Limitons les aliments enrichis en vitamines ou en fibres au profit des produits naturellement riches en vitamines ou en fibres. Bref, limitons les plats industriels trop salés et aromatisés à outrance au profit d’une cuisine à base d’ingrédients frais et complets.

 

Vous n’avez pas le temps de cuisiner ? Alors faites vous une salade, prenez un fruit ou des fruits secs avec quelques noix. Ce n’est pas la quantité d’aliment ingéré qui compte mais ce qu’ils apportent comme nutriments à l’organisme et il ne faut parfois pas grand-chose pour modifier sa qualité de vie : simplement remplacer un produit par un autre ! « L’important est la vitalité que nous véhicule l’aliment. Seule la vie nourrit la vie. » résume Jacques-Pascal Cusin. Être à l’écoute de son corps permettra de le constater : on a généralement plus d’énergie après quelques tartines de tartare d’algues qu’après une pizza…

 

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