Intro: Comment vaincre le système ?

Publié le par Le Mendiant

Comment vaincre le système ?

Dialogue entre Samuel et l’étrange Bibliothécaire :
(Extrait du conte Le Mendiant et le Milliardaire, Editions Jouvence)

– Si je vous comprends bien, nous serions donc les victimes d’un gigantesque complot ?
– Ce serait trop beau et trop facile de rejeter ainsi la responsabilité sur les autres ! Le système est plutôt comme la pollution dont parle Hubert Reeves : non pas un gros problème mais six milliards de petits problèmes ! Évidemment, il ne sert pas à grand-chose de s’y attaquer frontalement. Suivant le principe de l’aïkido, il conviendrait plutôt d’utiliser son énergie afin de l’orienter dans une direction plus positive. Et l’énergie du système, c’est l’argent. C’est par l’argent que nous pouvons vaincre !
– Je serais bien curieux d’apprendre comment.
– Ça, c’est justement l’objet du livre…

 

Si le système est aussi habile à masquer la réalité, c’est que la magie du marketing conditionne sa survie : imaginez le scandale si tous les carrosses redevenaient subitement citrouilles, si les paraîtres se dissipaient pour révéler les êtres ? Le choix de nos produits ne serait-il pas pour le coup bien facilité ?

Le système a tout intérêt à endormir notre vigilance et à nous bercer d’illusions car nous serions redoutables en « mendiants » ou en consomm’Acteurs éclairés.  Imaginez par exemple que nous apprenions tous à faire la distinction entre le synthétique et le "sain-éthique".  Qu’au lieu de soulager les symptômes de nos maladies, nous décidions une bonne fois pour toute de renforcer notre terrain immunitaire afin de ne plus tomber malade ?  Qu’aux prix toujours plus bas made in ailleurs, nous nous mettions à privilégier la qualité locale. Qu’en place des logos, nous suivions le logos…

Nous avons sur le système un pouvoir immense : c’est nous qui achetons ses produits !  Voter pour un produit plutôt que pour un autre, dans un lieu plutôt que dans un autre afin de sanctionner une pratique ou, au contraire, en favoriser une autre : notre pouvoir d’achat est un pouvoir de choix !

N’en déplaise au système, cette réflexion n’est pas un délire de « bobo » !  Les « pauvres », ne l’oublions pas, sont les premières victimes de la pub et de l’obésité. Mieux manger coûte cher ?   Faux !  Cela permet au contraire de faire des économies : économies de santé, d’énergie, de bien-être… Ce sont les « tentations » de la pub qui coûtent chers et non les fruits et légumes des marchés ou des magasins bio !  Ce sont les marques et les derniers gadgets qui grèvent les budgets et non les dépenses raisonnables du quotidien !

Les « pauvres » ont besoin de consommer pour remplir le vide de leur existence ?  Telle est, en effet, la vraie problématique : comment retrouver le goût de la vie sans passer par la case consommation ? 

La vraie rupture appelle à une réflexion d’envergure sur les fondements d’un système qui a pour fonds de commerce les peurs, les complexes et les frustrations des citoyens.  Un homme heureux ne consomme pas autant: à quoi serviraient des gadgets puisqu’il a l’essentiel ?

La vraie rupture repose sur la réappropriation par les citoyens de leur destin collectif et de leur liberté : l’Etat peut beaucoup de chose mais il ne peut pas tout.  Un « président-mendiant » ou un « philosophe-roi » désintéressé serait évidemment préférable mais il ne saurait nous dispenser de nos responsabilités. 

Terminons donc, navré, par une mise au point : le monde entier a mal et des enfants ont faim. Les voix des peuples s’élèvent pour clamer leur ras-le-bol. Des candidats affables distribuent leurs oboles.  Mais quoi que l’on nous dise et quoi que nous pensions, nous ne changerons de vie que si nous agissons ! 

 


Le Mendiant
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