Intro: Les malentendus du système

Publié le par Le Mendiant

Les malentendus du système


« On n’a plus de marge de manœuvre. On vit au-dessus de nos moyens. Quel que soit le gagnant, il ne pourra pas réaliser les promesses qu’il aura faites. »   déclarait Dominique de Villepin en novembre 2006. « L’Etat ne peut pas tout »  avait, en son temps, rétorqué Jospin. « Tout » dans le sens fataliste de « On n’y peut rien ! »

Si les hommes politiques se déclarent impuissants, les citoyens peuvent légitimement craindre pour la débandade. Certains n’attendent déjà plus rien : entre le « tous pourris » et le « c’est du pareil au même », ils voteront avec leurs pieds ou se baladeront du côté des extrêmes…

La France et les français soumis à la dictature mercantile des marchés financiers et ils ne peuvent rien faire ?  « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse. » dit un proverbe arabe. Il faut quand même disposer d’un sacré culot pour prendre le prétexte du système… pour ne rien changer au système !

Mais qu’est-ce donc, en premier lieu, que ce « système » ? Selon le Mendiant, le système, est ce qui nous échappe, ce qui fondamentalement manque de sens. Ce sont les néons de la consommation; la pente douce qui mène au précipice; une espèce de trou noir, qui gagne en énergie à mesure qu’y sombrent les esprits…

Les manifestations du système, ce sont par exemple les délocalisations alors que les entreprises et les grands patrons engrangent des bénéfices records ou encore le stress et la peur, utilisés de plus en plus comme des techniques de management. Nous sentons tous, intrinsèquement, que quelque chose ne tourne pas rond dans nos sociétés. Et bien c’est le système qui est aux commandes !

Le système néolibéral s’est bâti avec la bénédiction des puissants sur deux malentendus : la loi de la jungle qui pousse chacun à vouloir « plus » que son voisin tout en considérant les faibles comme des "coupables" et le théorème de la main invisible selon lequel le marché s’autorégule. Ces deux théories, pourvoyeuses de stress, de prédation et de gabegie, sont aujourd’hui anachroniques. 

« Les solidarités apparaissent en fait comme le vrai moteur de la vie » rectifie le botaniste Jean-Marie Pelt (i)  « S’il écrivait qu’en recherchant leur intérêt personnel les individus œuvrent pour le bien-être général de la société, Adam Smith était plus conscient des limites de ce raisonnement que beaucoup d’adeptes actuels de cette doctrine. » précise le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz (ii)  Bref, si la globalisation est un fait, la doctrine néolibérale est un choix et ce n’est ni le choix de la vie, ni celui des peuples ! 

Raison suffisante pour en changer !

Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Références:
(i) Jean-Marie Pelt, La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains, Fayard, 2004, p. 8
(ii) Joseph E. Stiglitz, Quand le capitalisme perd la tête, Fayard, 2003, p.301


Suite : Comment vaincre le système ?

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