Intro: Pourquoi le Mendiant ?

Publié le par Le Mendiant

Pourquoi le Mendiant ?


La figure du Mendiant est intéressante à plus d’un titre…

Le mendiant est d’abord l’antithèse du superman, l’antinomique du développement et de la course incessante à la croissance. Il ne clame pas haut et fort : « Regardez comme je suis performant, beau, riche et intelligent » mais : « Voyez comme je suis faible et, si vous le pouvez, aidez-moi ! »  un mendiant n’a rien à prouver, rien à vendre, rien à paraître !  La figure du mendiant est emblématique de la condition humaine : un être bon mais plein de faiblesses, qui a besoin des autres pour vivre et qui n’a pas honte de l’admettre. Est-il besoin de souligner que nous sommes tous, de ce point de vue, des mendiants en puissance ?

Nous avons tendance à l’oublier à la vue de nos malheureux SDF mais la tradition de la mendicité – la plus vieille activité du monde – est aussi parfois associée à  une forme de liberté et de sagesse. Au Sénégal, les disciples d’une confrérie musulmane se font mendiants afin d’apprendre l’humilité et l’ascétisme.  En Asie, des moines bouddhistes mendient leurs repas au quotidien. C’est un moine mendiant qui aida le prince Siddhârta à se lancer sur la voie du Bouddha et le sage taoïste déclare : « Souplesse et faiblesse sont conformes à la vie. Rigidité et force sont conformes à la mort. »    Mais nous pourrions aussi évoquer Jésus ou Gandhi…

Le mendiant est un inutile ?  Celui par qui la générosité s’exprime est pourtant considéré dans toutes les religions  comme un vecteur de purification, d’élévation, de mieux-être… Qui pourrait nier de bonne foi que l’on se sent plus léger après avoir donné ?

Au-delà du sage ou du « professionnel » salvateur, la figure du Mendiant peut enfin  être évoquée pour son aspect « poil à gratter » : placé en dehors de la société, ne pouvant tomber plus bas, il est idéalement placé pour analyser les dérives de la société capitaliste, pour rendre compte de l’envers du décor… Le Mendiant, c’est le contradicteur du système par excellence!  C’est ainsi Diogène, le philosophe cynique qui vivait dans une amphore, mordait les mécréants et faisait tomber les masques. Diogène, l’âme forte, l’esprit libre, « l’incarnation du contre-pouvoir que les philosophes ne devraient jamais cesser d’exercer » selon Michel Onfray.   

Un homme libre qui accepte son humanité, se contente de peu, trouve son plaisir en lui-même et porte un regard acéré sur la société : pas étonnant que le mendiant soit autant décrié et redouté par le système ! 

D’avance, merci de le soutenir car, ne l’oubliez pas, c’est un mendiant : il a donc besoin de vous !

Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…


Suite : les malentendus du système

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