Le Mendiant: La loi de la jungle

Publié le par Le Mendiant

La loi de la jungle

Dialogue entre Samuel et la mystérieuse bibliothécaire
(Extrait du conte Le Mendiant et le Milliardaire de Benoît Saint Girons, Editions Jouvence)

[…]

Trop de système ! Notre alimentation à base de produits dénaturés et raffinés n’est simplement pas adaptée à notre organisme. Notre style de vie non plus, d’ailleurs. Nous assistons à une pandémie de mal-être comme jamais dans l’histoire de l’Occident. Cela ne vous semble pas bizarre, alors que nous n’avons jamais vécu aussi confortablement ?
– La vie est difficile…
– L’était-elle moins aux siècles passés ? Nous travaillons deux fois moins, avons plus d’argent, plus de nourriture, plus d’hygiène, plus de loisirs, plus de paix et pourtant, nous sommes stressés et détraqués comme jamais !
– Comment l’expliquez-vous ?
– Vous vous souvenez lorsque je vous ai rabroué tout à l’heure ? J’ai réagi vivement parce que vos propos reflétaient un schéma de pensée malheureusement trop courant de nos jours : devenir le meilleur afin de survivre à la loi de la jungle.
– Je ne vois pas ce qu’il y a de répréhensible à cela.
– La fantastique diversité biologique s’est probablement moins construite sur la sélection naturelle que sur la collaboration entre les espèces.  Regardez donc l’homme à sa naissance : complètement vulnérable ! Sans le soutien d’adultes, l’enfant n’aurait aucune chance de survivre, de même que sans la collaboration entre les hommes, l’humanité n’aurait jamais connu de progrès ou de civilisation. Comprenez-le bien, jeune homme, la véritable loi naturelle de survie et de croissance n’est pas d’être au-dessus mais avec les autres ! Vous voulez vous développer ? Fort bien, mais posez-vous au préalable les questions suivantes : le faites-vous pour vous épanouir et gagner en liberté ou simplement pour surpasser les autres ? Votre démarche est-elle personnelle ou bien téléguidée par le système ? Il est évident que la loi de la jungle plaît aux puissants : soit j’y arrive et je deviens plus performant, plus riche et plus consommateur, soit je n’y arrive pas et je deviens alors frustré, mais tout autant consommateur afin d’oublier mes frustrations.
– Je pourrais aussi me révolter…
– Contre un système auquel je rêve inconsciemment de participer ? Regardez comme les marques sont vénérées dans les cités ! Voyez-vous, jeune homme, la nature a peut-être horreur du vide, mais le système en a fait son fonds de commerce : le mal-être, les complexes, les peurs et les frustrations sont incontestablement les moteurs de la consommation. Le système n’a aucun intérêt à vouloir notre bien-être car c’est lorsque nous sommes heureux que nous consommons le moins. À quoi me serviraient des gadgets si j’ai déjà l’essentiel ?

[…]

 

Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

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