Exploitation: Les limites de l'urgence

Publié le par Le Mendiant

1 SCANDALE PAR JOUR: Exploitation


Les limites de l'urgence...

Ce que dit la presse :

« A défaut de pouvoir – ou de vouloir – régler les problèmes de fond, l’action des pouvoirs publics contribue à faire patienter les populations en difficulté dans des mesures conçues pour pallier des situations d’urgence, en risquant ainsi d’accroître leur disqualification sociale. »

Source : Êtes-vous solidaires, Le Nouvel Observateur N°2207, 22 février 2007, Serge Paugam, p.34     http://tempsreel.nouvelobs.com/


Commentaires du Mendiant :

A l’exemple d’un bon médecin, les français attendent que l’on s’attaque aux causes plutôt qu’aux seuls symptômes des pathologies. Il faut venir en aide aux SDF mais qu’est-ce qui a poussé ces malheureux à la rue ? Il convient de favoriser l’emploi mais pourquoi des entreprises licencient-elles malgré des bénéfices records ? Il est important de manger des fruits et des légumes mais pourquoi sont-ils bourrés de pesticides ? Il est nécessaire de condamner les délinquants mais quelles sont les causes de la violence ? Attention aux effets d’annonce et autres tartuferies ! Attention aux petites pilules qui affaiblissent le système immunitaire français ! La vraie rupture appelle à une réflexion d’envergure sur les fondements d’un système qui, rappelons-le, a pour fonds de commerce les peurs, les complexes et les frustrations des citoyens.

Apprendre à regarder derrière les apparences n’est pas facile et se méfier du confort encore moins. Il est tentant de pallier rapidement aux symptômes afin de sauver au plus vite les apparences mais, si aucun travail en profondeur n’est entreprit, la tumeur croit et devient bientôt incurable… La misère est ainsi devenue la gangrène d’une société déshumanisée où l’on peut se retrouver à la rue  au moindre accident de parcours. Il est aussi significatif et choquant qu’une majorité de français considère pouvoir un jour rejoindre la cohorte des 86 500 SDF de France…

Derrière les opérations spectaculaires, c’est le regard qu nous portons sur ces malheureux qui doit changer. Vouloir les réintégrer de force dans le système ne donnera pas de résultats. Leur trouver un toit d’office ne les responsabilisera pas davantage. Les accepter pour ce qu’ils sont et aller à leur rencontre pour discuter : même si la figure du Mendiant philosophe est une rareté, un certain nombre d’entre eux ont néanmoins fait le choix d’une vie différente. Dans tous les cas, tous sont des pourvoyeurs de générosité potentiels! 

D’où le dialogue entre Jean-Jacques et le Mendiant dans le conte :

– […] Mais, quand même, cela ne vous dérange pas d’inspirer la pitié ?
– C’est mieux que d’inspirer la haine, non ? Toi, par exemple, avec tes belles chaussures et tes fringues sur mesure, que crois-tu inspirer ? Eh bien, je vais te le dire : tu inspires le désir, l’envie, la jalousie… Moi, j’inspire la générosité et l’entraide. Grâce à moi, les gens se sentent un peu plus humains. Je fais un métier utile, tu sais.
– Évidemment, vu sous cet angle…
– Il faudrait toujours voir les choses sous plusieurs angles. N’existe-t-il pas autant de perspectives que de points de vue ?


Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

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