Pollutions: L’arnaque des "bio" carburants

Publié le par Le Mendiant

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Pollutions


L’arnaque des "bio" carburants


L’inauguration en octobre 2005,  « en grande pompe », d’une pompe E85 de biocarburant par le ministre de l'économie présageait mal de l’avenir car la pompe était… vide !  Mais, à l’époque, alors que le prix du pétrole atteignait les sommets, les biocarburants apparaissaient encore comme le produit miracle, capable à la fois de relancer l’agriculture, de réduire la dépendance énergétique de la France et de sauver la planète.

« Le rendement énergétique de la filière éthanol-betterave est de 2,3 fois plus élevé que celle de l’essence ! Cette filière rejette également 2,5 fois moins de gaz carbonique. Mais le vrai jackpot est décroché par le biodiesel tiré du colza et du tournesol : un rendement 3,3 fois plus élevé et cinq fois moins de CO2 ! » signalait à l’époque le magazine Le Point.

Las !  Les scientifiques qui se sont repenchés sur les chiffres on découvert, pour commencer, que les biocarburants produit en Europe ou aux Etats-Unis ne seraient finalement pas rentables énergétiquement.  « Selon l’Ademe, l’éthanol de blé a un rendement énergétique de 2 (c’est à dire 2 fois plus de carburant produit que de carburant utilisé). Mais pour l’Inra, le rendement ne serait que de 1,19. Entre les deux chiffres, l’intérêt écologique de l’E85 s’écroule. » souligne la magazine Marianne. Au final, il faut de 0,8 l à 1 litre de pétrole pour produire 1l d’éthanol, pour un rendement moteur ensuite inférieur…

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz 

L’approvisionnement en matière première est également problématique. Jean-Marc Jancovici se charge de ramener les rêveurs sur terre : « Pour produire l’équivalent du pétrole consommé par les transports en France, il faudrait planter du colza ou des betteraves sur 50 millions d’hectares » Or, l’Hexagone en compte 55 millions… On comprend néanmoins l’intérêt des agriculteurs : la promesse de nouveaux revenus est conséquente !

« Le soutien aux céréaliers et betteraviers est en fait la vraie raison de l’accélération du plan gouvernemental. D’ailleurs, la FNSEA, syndicat majoritaire, milite avec ferveur pour leur développement. La confédération paysanne […] y est en revanche franchement opposée. Preuve que les biocarburants profitent plus à l’agriculture industrielle qu’à ceux qui pratiquent une agriculture durable. » précise le magazine Que Choisir.  On l’aura compris, les biocarburants n’ont en l’état rien de bio!    Au contraire, cette culture intensive risque d’entraîner un surplus de pesticides et d’OGM.  « Ce sont des produits issus de l’agriculture la plus chimique, la plus intensive, le plus productiviste. »  dénonce le magazine Quelle Santé. Nous voilà bien loin de l’idée généreuse des carburants verts…

Sans intérêt chez nous, les biocarburants en auraient-ils au moins à l’étranger ?  La canne à sucre utilisée au Brésil présente déjà plus d’intérêt : elle se plante tous les dix ans, réclame peu d’engrais et fournit son propre combustible pour la production de l’éthanol. Ce qui fait dire au directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le Français Claude Mandil, que « la France ferait mieux d’importer de l’éthanol du Brésil que d’en produire au prix fort ! »

Le Brésil est ainsi le premier producteur de biocarburants au monde. Cela ne s’est toutefois pas produit sans heurts : « Les immenses fazendas des riches propriétaires expulsent les petits paysans qui vivaient de la culture vivrière. Dans le Nordeste du Brésil, des centaines de milliers de familles sont tombées ainsi dans la misère, perdant leur source de revenu. » précise le journal La Décroissance.

Le WWF dénonce aussi le développement inconsidéré des plantations: « A l’heure actuelle des millions d’hectares de forêts tropicales sont détruits pour faire place à des plantations de palmiers à huile, de soya ou de canne à sucre (…), ce qui met gravement en danger la diversité biologique. L’utilisation d’OGM et de pesticides dans de telles plantations est elle aussi néfaste pour la diversité biologique, notamment par la pollution des sols et des eaux. »

Bref, les biocarburants ne solutionnent rien. Au contraire, les voilà qui posent de nouveaux soucis éthiques : pouvons-nous tolérer, par exemple, que les terres des pays pauvres servent à approvisionner les pays riches en carburants au détriment des cultures traditionnelles et alors qu’une partie de leur population a faim ?   Déjà, 80% des terres cultivées dans le monde le sont pour l’exportation. Est-ce bien raisonnable ?


Et maintenant que faire ?

On pourra commencer par soutenir l’association WWF qui demande la mise en place d’un système d’ « éco-certification » pour tous les biocarburants. www.wwf.org  

Ensuite, on arrêtera de se bercer d’illusions : la réduction du gaspillage énergétique est la seule solution viable pour la planète. Ainsi, pour rouler vert, le mieux est encore de prendre moins fréquemment sa voiture ! Abaisser les limitations de vitesses de 10km/h  et décourager l’achat des véhicules très émissifs en CO2 (plus de 140 g/k) seraient d’autres moyens bien plus efficaces… en attendant la voiture tout électrique ou à hydrogène… (qui se révèlera peut-être aussi une fausse bonne idée ?)

 


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Le Point N°1783, 16 novembre 2006, Frédéric Lewino, p.78
Pourquoi la « taxe carbone » est inévitable : Vivre sans pétrole, Le Nouvel Observateur N°2197, 14 décembre 2006, Jean-Marc Jancovici, p.34
L’arnaque du carburant vert, Marianne N°508, 13 janvier 2007, Hervé Nathan, p.35
Le grand bluff des biocarburants, Que Choisir N°444, Janvier 2007, Elisabeth Chesnais, p.44
Biocarburants : pas écolos du tout, Quelle Santé N°12, Janvier 2007, p.4
Les biocarburants colonisent le monde, La Décroissance N°31, Avril 2006, Sophie Divry, p. 6

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Franᅵois TATARD 25/05/2007 16:49

LA DAME DE L’ADEME ET LES  BIOCARBURANTS
 


 

Superbe exemple de parité administrative, la dame de la Dème, est en tous points conforme au modèle masculin dans les domaines techniques, comptables et fiscaux. Même inculture soixante huitarde, même langue de bois, même refus de l’évidence et des réalités physiques et financières.
 

Elle pérore sur les ondes autant sur le bluff de l’effet de serre que sur les biocarburants. Dans sa dernière intervention elle a expliqué que l’éthanol n’a pas les mêmes propriétés que l’alcool dit  « éthylique », surtout quand, mélangé à l’essence, il devient du bi ou du diéthanol.
 

Selon cette dame, non seulement on sauverait l’agriculture betteravière, mais on réduirait les émissions de gaz carbonique et on ferait des tas d’économies.
 

Pour bien répondre il faudrait aligner des chiffres et ça, c’est fatigant à lire. On peut essayer de les remplacer par des mots.
 


 

Des labours à la pompe
 


 

Avant de sortir « l’éthanol » de l’alambic, il y a eu du travail et des dépenses d’énergie considérables.
 

Le tracteur qui laboure, sème et engraisse pour finir par arracher puis transporter aux camions qui continuent vers la « sucrerie » reconvertie en distillerie. Cela représente une bonne quantité de carburants. Si l’on y ajoute tout ce que consomme l’usine AZF pour produire les ammonitrates qui engraissent les terres à betteraves on obtient beaucoup de calories.
 

On n’a pas fini. L’usine va laver triturer malaxer, chauffer et pressurer pour sortir le jus fermentescible chargé de saccharose (le sucre). Même, si les levures travaillent sans salaires ni syndicats, elles vont consommer 33% du carbone pour produire le gaz carbonique qui fait pétiller le champagne, et les yeux de nos dames.
 

Ces levures vont produire de l’alcool, jusqu’au plafond de leur empoisonnement qui se situe à environ 15%, dans les mélasses, diluées en conséquence. Comme quoi les levures sont moins fragiles que les hommes qui n’en supportent que moins d’un demi pour cent de leur masse, avant le coma létal.
 

Ce n’est pas encore fini, car, le mélange eau alcool, limité à 12° pour des questions de productivité, devra être distillé de manière à éliminer 84% d’eau par évaporation. L’énergie nécessaire se calcule très facilement, mais il est encore plus précis d’utiliser les chiffres globaux de la comptabilité analytique de la production. En tout, il aura fallut plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre d’alcool et il faudra 1,56 litres d’alcool pour donner l’énergie d’un litre d’essence.
 

Bien entendu, en brûlant ce coûteux produit, on va encore produire du gaz carbonique, ce qui devrait faire de la peine aux illusionnistes des gaz à effet de serre.
 

Si on raisonne, sans tenir compte de la fiscalité, comme le fit notre Ministre frisé de l’économie et des finances, mal « instruit » par son service des douanes, on peut produire l’illusion, si c’est le but cherché.
 

Si on est une Directrice de l’ADEME gouvernementale compétente, on doit enquêter auprès des distillateurs, analyser les comptabilités et conclure sur la comparaison de choses comparables.
 

Lors de sa conférence radiodiffusée sur ce sujet, le Capitaine au long cours HADDOCK (de la section Flandres-Artois en Belgique) qualifiait l’alcool d’ « ennemi du marin ». Il aurait pu ajouter « ennemi du contribuable »
 

Que reste-t-il de ces élucubrations avec si peu de chiffres ? Seulement la conclusion du vieux paysan :
 


 

« Si c’est pas malheureux de brûler de la nourriture »
 


 

Va-t-on encore nous parler de FAIM DANS LE MONDE ?
 


 

Pour ceux qui aiment les calculs
 


 

On retiendra les masses atomiques suivantes qui servent de base de tous les calculs : C=12  -  O=16  -  H=1
 

On notera ainsi que le sucre C12H22O11  voit sa « mole » peser : 342 grammes qui, en s’hydrolysant, vont donner 2(C6H12O6) de glucose d’une masse de 360 grammes.
 


 

A son tour la mole de glucose va fermenter en libérant   2 moles d’alcool éthylique (C2H5OH) et deux moles de gaz carbonique CO2.
 


 

En résumé on calcule facilement que 46 grammes d’alcool, avant d’être brûlés dans les moteurs, ont déjà produit 44 grammes de CO2
 


 

En brûlant, ces mêmes 46 Gr d’alcool vont encore produire 88 Gr de CO2
 

Soit au total  3X44 = 132 Gr de CO2 taux d’émission de CO2 132/46 = 2,87 Gr par Gramme d’alcool
 


 

L’essence, qu’on peut comparer  au benzène par défaut et par précaution, a pour formule C6H6 donc une masse molaire de 78 grammes qui vont produire 264 grammes de CO2 donc taux d’émission de CO2 :
 

264/78 = 3,38 grammes par gramme d’essence
 


 

Or il faut 1,56 grammes d’alcool pour produire l’énergie d’un seul gramme d’essence ce qui remonte le, taux de CO2 de l’alcool à 2,87 X 1,56 = 4,48.
 

Vous voulez plus simple ?
 

1)- pour équilibrer les masses entre l’alcool et le benzène on appliquera à l’alcool le cœfficient : 
 

   78/46 = 1,696
 

2)- pour équilibrer les pouvoirs calorifique on multipliera ce chiffre par 1,56 soit :
 

   1, 696 X 1,56 = 2,646
 


 

Aux 6 CO2 produits par la combustion du benzène on opposera les 3 X 2,646 = 7,94 CO2 de l’alcool.
 

Conclusion : 7,94/6= 1,32 à l’avantage du benzène.
 


 

 L’ALCOOL GENERE AU MOINS 1,32 FOIS PLUS DE CO2 QUE NOS CARBURANTS
 


 

Si l’on ajoute à cela tout le CO2 produit en amont pour fabriquer le sucre, nul doute que les déchets de CO2 émis avec l’alcool dépassent plus que largement ce qu’on obtient avec les produits pétroliers.
 

Rendez vous sur internet et regardez les élucubrations verbeuses et abondantes de l’ADEME sur le sujet. On dirait la constitution  giscardo-européenne adaptée aux disciplines scientifiques.
 


 

Par un écran de fumée dialectique on assiste à une démonstration visant essentiellement à faire croire à la bonne affaire.
 


 

Comment de superbes hauts fonctionnaires, issus des prestigieuses écoles de la république, comme Sciences Po ou l’ENA, peuvent-ils prendre ainsi les braves Français pour des imbéciles ?
 

Propager des idioties comme les gaz à effet de serre ; la pompe à chaleur (ça c’est polytechnique (voir SIROTA et l’Inspection des finances) n’est pas digne d’un pays qui, par le passé, fut à l’avant-garde des sciences.
 


 

C’est ainsi qu’on voit le triomphe d’AIRBUS (avions fabriqués à l’envers des saucissons) finir dans une panade financière incroyable et la liste est longue des fantastiques gaspillages qu’on doit à la malhonnête inculture de nos dirigeants.