Alimentation: Les scandales du sel industriel

Publié le par Le Mendiant

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Alimentation

 

Les scandales du sel industriel

 

Selon l’Académie de médecine, nos besoins en sel n’excèdent pas 3 g de sel par jour. Toutefois, pour ne pas trop froisser les industriels, les seuils ont été fixés en France de 5 à 6 g.

 
Il convient en effet préciser que 80% du sel que nous ingérons vient des produits industriels « prêts à manger », des céréales du matin aux plats cuisinés en passant par le pain ou les produits d’apéritifs.  

 

Et il faut croire que ces bons petits plats bien chimiques ont de nombreux adeptes car l’apport moyen de sel en France se situe entre 9 et 10 g par jour. Pire : un quart des hommes et 10% des femmes en consommeraient plus de 12 g.

 


Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

 

Quelle importance ?  « Les niveaux actuels de consommation de sodium sont associés directement à une augmentation de la tension artérielle, facteur de risque cardio-vasculaire et rénales qui sont les principales causes de morbidité et de mortalité en Europe » précisait en Juin 2005 l’Agence européenne de sécurité alimentaire.  Plus précisément, les excès de sel entraîneraient en France 75.000 accidents cardio-vasculaires par an dont 25.000 décès…

 

Mais pourquoi les industriels ont-ils la main sur la salière aussi lourde ?  Mais parce qu’il convient de donner du goût à leurs mixtures insipides pardi !  Les produits de base sont en effet tellement raffinés et dénaturés qu’ils ne conviendraient pas du tout, en l’état, à nos palais délicats. La réaction naturelle de notre organisme serait de nous détourner de ces aliments de piètre qualité. Inacceptable, évidemment, pour les industriels.  D’où le recourt massif au sel, aux exhausteurs de goût et autres arômes artificiels (nous en reparlerons)

 

Même le pain a été affecté. Comme le rappelle le magazine Que Choisir, l’adoption du pétrissage intensif dans les années cinquante a entraîné, pour compenser la perte de goût, à une hausse de près de 50% de la dose de sel employée.  Et voilà pourquoi le pain blanc, à la farine blanche vidée de tout nutriment, est déconseillé pour la santé !

 

Autre méfait du sel, qui ravis les industriels : le sel donne soif !  Et que consomment désormais la plupart des jeunes (et des moins jeunes) : des boissons industriels riches en sucre !  Et voilà pourquoi l’apport de sel a progressé aux Etats-Unis de plus de 50% entre le milieu des années 80 et la fin des années 90… en parallèle à l’explosion de l’obésité.

 

Et maintenant, que faire  ? 

 

Pas grand chose à faire à part éviter toutes les préparations industrielles. En l’état actuel des étiquettes, en effet, la teneur en sel est rarement indiquée. Si les étiquettes précisent la teneur en sodium, il convient de multiplier le chiffre par 2,54 pour obtenir la teneur en sel (chlorure de sodium)  Faire ses achats dans un magasin bio permettra d’éviter le calcul mental…

 

LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Ca ne manque pas de sel, Que Choisir N°446, Mars 2007, Fabienne Maleysson, p. 16
Les méfaits du sel confirmés, Le Point N°1782, 9 novembre 2006, Anne Jeanblanc, p.75    

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Vee 14/04/2010 11:02



Certes, le consommateur a une part de responsabilité, mais quelle est sa réelle marge de manœuvre face à des industries qui brouillent systématiquement les pistes, s'arrangent avec les textes et
ne font que ce qui arrange leur business ?



trape 11/02/2010 18:26


 "pour ne pas trop froisser les industriels" Voilà une interprétation toute personnelle; la réalité est différente
et le taux a été choisi avec une marge de sécurité, comme avec d'autres micro-nutriments.
 Mais il est vrai qu'il y a beaucoup trop de sel dans les aliments préparé,s y compris chez certains artisans boulangers ou le charcutier du coin; sans parler des sirops de
glucose/fructose...etc
L'industrie a une part de responsabilité indéniable mais le plus responsable est le consommateur qui achète et donc choisi des produits "douteux" en oubliant que  la qualité a un prix.