Exploitation: La loi de la jungle plaît aux puissants

Publié le par Le Mendiant

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Exploitation


La loi de la jungle plaît aux puissants


Interview de Bronislaw Gemerek, historien de l’exclusion, ex-ministre polonais et député européen :

« Dans notre Union européenne de ce début de siècle, 70 millions de personnes vivent encore au-dessous du seuil de pauvreté. […] Une communauté nationale […] continue de s’affirmer par l’exclusion de l’autre, celui qui est différent, qu’il soit pauvre ou immigré. Nos réflexes restent conditionnés par la peur du vagabond, cette crainte moyenâgeuse de l’homme qui demeure partout, c’est-à-dire nulle part. […] Nos comportements restent guidés par un darwinisme social en vertu duquel on croit que le faible est coupable de son sort et que le fort ne réussit que grâce à ses propres qualités – cela représente un plus grand danger, à mes yeux, que les politiques libérales. […] Si chez nous la compassion est répandue, elle ne trouve pas de traduction dans l’action politique. Pourquoi n’y a-t-il toujours pas de réponse à l’appel aux solidarités sociales de l’abbé Pierre ? […] Malheureusement, le message de l’abbé Pierre n’appartient pas à l’Histoire, il reste valable. »

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

Si la globalisation est un fait, la doctrine néolibérale est un choix et ce n’est ni le choix de la vie, ni celui des peuples ! « Darwin n’est pas ici directement en cause, car il s’est toujours garder d’extrapoler ses thèses biologiques au monde social. » rappelle Jean-Marie Pelt dans son livre La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains. « Les solidarités apparaissent en fait comme le vrai moteur de la vie » conclut le botaniste.

La loi de la jungle n’est donc pas une loi naturelle chez l’homme et la fantastique diversité biologique s’est probablement moins construite sur la sélection naturelle que sur la collaboration entre les espèces.  Le mathématicien Peter Saunders a ainsi calculé que la sélection naturelle n’aurait pas permis de générer la fantastique diversité du vivant sur Terre et plaide pour un nouveau modèle évolutionniste : la coopération entre organismes. C’est aussi l’avis de Paul Nardon, de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon : « Les organismes ont une tendance naturelle à s’associer […] la généralisation de la symbiose, au plan zoologique, amène à remettre en cause le concept d’individu. Ainsi, ce que nous appelons une vache ou un homme n’est qu’un conglomérat de plus de 300 espèces différentes ! » Cela rejoint ce que disait Gandhi : « L’une des lois de la Nature est l’attraction universelle. C’est l’amour mutuel qui lui permet de vivre et de persister. Ce ne sont pas les forces de destruction qui font vivre l’homme. »


Et maintenant, que faire  ? 

Propager la bonne nouvelle et rejeter les manipulations des puissants pour qui une loi de la jungle « naturelle » a toujours été la justification principale à leurs prédations. En effet, soit j’y arrive et je deviens plus performant, plus riche et plus consommateur, soit je n’y arrive pas et je deviens alors frustré, mais tout autant consommateur afin d’oublier mes frustrations…


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Source :
« La pauvreté diminue, mais l’exclusion croît », Le Point N°1793, 25 janvier 2007, Jérôme Cordellier, p.28
Faut-il brûler Darwin ?, Patrick Jean-Baptiste, Sciences et Avenir, novembre 2004
La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains,  Jean-Marie Pelt, Fayard, 2004
Le Mendiant et le Milliardaire, Benoît Saint Girons, Jouvence, 2007

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