Pollutions: Nano technologies mais maxi danger ?

Publié le par Le Mendiant

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Pollutions

 

Nano technologies mais maxi danger ?

 

Selon le magazine Quelle Santé, « les premiers troubles de santé liés à l’emploi de nanocomposants (de la taille d’un milliardième de mètre) dans les produits de consommation courante commencent à apparaître. […] En Allemagne, un produit nettoyant pour les sols, […] vient d’être retiré du marché précipitamment. Il a provoqué des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommatrices ! »

Nous ne saurons probablement jamais si les nanotechnologies étaient véritablement en cause ou non pour une raison simple : du fait de leur taille (de l’ordre du milliardième de mètre : il y a la même échelle entre une pomme et la Terre qu’entre une pomme et un nano!), les nanocomposants sont quasiment indétectables et se faufilent partout ! Comme l’indique Que Choisir, « les méthodes de détection et de mesure des nanoparticules ne sont pas au point. ». « Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est que les industriels eux-mêmes ne connaissent pas bien les nanoproduits qu’ils fabriquent », confie même (sous réserve d’anonymat) le directeur du département recherches d’un des spécialistes français des nanotechnologies !

En l’absence de tests poussés, nous en sommes donc réduits aux spéculations : « Quand les gens se baignent ou que les tubes sont jetés, que deviennent les nanoparticules ? Quel est leur effet sur les écosystèmes aquatiques ? Pourraient-elles contaminer l’homme par la chaîne alimentaire via les poissons ? Ca me paraît aberrant qu’on ait mis tout ça sur le marché sans avoir les réponses » déclare Alain Lombart, toxicologue retraité d’une entreprise fabriquant des nanoparticules de carbone, au magazine Que Choisir.

 

 


Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

 

Le principe de précaution ?  Pulvérisé sur l’autel du business !  Le revenu mondial généré par les nanotechnologies était de 40 milliards d’euros en 2001 et on estime qu’il devrait atteindre 1000 milliards en 2010-2015 !  Pourquoi tuer la poule aux œufs d’or ?  Le programme européen Reach sur les produits chimiques a ainsi exclut les nanoproduits de son champs d’application en raison de… leur faible tonnage !  Dans un sens, ce n’est pas plus mal car Reach a été tellement édulcoré pour faire plaisir aux industriels que les nanoparticules seraient de toute façon passées entre les mailles…

De toute manière, les nanoparticules requièrent un programme spécifique, du fait de leur extrême dangerosité potentielle… Selon Hans Jonas, philosophe de l’écologie et auteur du Principe responsabilité, l’accroissement de notre puissance technologique impose de nouveaux devoirs, non plus envers nos semblables mais envers les générations futures. En effet, selon Philosophie Magazine, « les nanoparticules sont incontrôlables par essence et non par accident. Les risques de l’infiniment petit doivent être appréhendés d’une toute autre manière que ceux impliqués par les autres évolutions techniques. »

« Certaines substances, a priori anodines, deviennent toxiques du fait de leur division à l’échelle nano. », précise déjà Stéphane Lacour de l’Université de Poitiers.  De fait, selon Quelle Santé « on a démontré que les fullerènes (nanobilles de carbone) utilisés dans les crèmes hydratantes, endommagent le cerveau des poissons et sont hépatotoxiques chez l’homme. On a mis en évidence, et cela de manière irréfutable, que les nanoparticules de dioxyde de titane, employées dans les filtres solaires pour une question d’esthétique produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN de la peau. » Comme le résume le journal La Décroissance, « Personne ne connaît tous les risques liés à la dissémination des nanoparticules dans la nature. »

On apprend aussi que, début juillet 2006, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l’environnement, mettait en garde : « De multiples arguments indiquent l’existence d’une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l’homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané. »

En effet, on soupçonne les nanoparticules de pénétrer, par la peau, à l’intérieur de l’organisme pour s’y accumuler. Ils franchissent les barrières habituellement protectrices et pourraient même atteindre le cerveau !  L’infiniment petit pourrait-il prendre le contrôle de l’infiniment grand ? 

 


Et maintenant que faire ?

A nouveau, la solution passe par un mouvement citoyen : une mise en quarantaine des entreprises utilisatrices selon le principe de précaution ? Les nanotechnologies seront ainsi enfin détectables… au niveau des profit des industriels !

A l’heure actuelle, les nanoparticules se retrouvent surtout dans les cosmétiques, les produits ménagers, les équipements automobiles… et évidemment le militaire, des créneaux  déjà pas vraiment associés au naturel… Les deux premiers sont faciles à remplacer car des alternatives bio existent. Le dernier est létal par essence. Quant à l’avant dernier, remplacer la voiture par le vélo confronterait alors l’organisme aux micro particules émises par les moteurs des autres… Un moindre mal ? 

 


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Nonoparticules et cosmétiques, Quelle Santé N°9, Octobre 2006, p. 6
Nanoparticules : chronique d’une catastrophe annoncée, Quelle Santé N°13, Février 2007, Amel Bouvyer, p. 8  
Nanotechnologies : A prendre avec des pincettes, Que Choisir N°445, Février 2007, Fabienne Maleysson, p.40
L’ère de la nanomédecine, Le Nouvel Observateur N°2207, 22 février 2007, Fabien Gruhier, p.82
Nanotechnologies: la révolution invisible, Philosophie Magazine N°7, Mars 2007, Jean-Paul Rousset, p. 25  
Les nanotechnologies : vers l’infiniment dangereux, La Décroissance N°31, Avril 2006, Sophie Divry, p. 16

 

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