Système: Les experts en expertise

Publié le par Le Mendiant

1 SCANDALE PAR JOUR : Système

 


Les experts en expertise


Ce que dit la presse :

On attend de lui qu’il s’exprime non plus au nom de l’opinion, mais du savoir. Sa présence sur les plateaux de télévision suggère donc, à elle seule, la possibilité d’un point de vue surplombant. En haut, n’est-ce pas, il y a ceux qui savent ; en bas, ceux qui croient. L’expert, en somme, représente une forme laïcisée du principe de transcendance. […] L’omniprésence des experts, aussi bien dans les tribunaux qu’à la télévision, exprime un manque et un désarroi généralisé. […] Il n’existe pas d’expert véritablement neutre. Ce prétendu savoir qu’on attend d’eux est toujours entrelardé, enrichi, mêlé de subjectivité, c’est-à-dire de croyance. […] Le faux expert des studios télévisés, pour parler comme Jean Rostand, « croit qu’il sait mais ne sait pas qu’il croit ». Quant à son nouveau statut médiatique, il est surtout le fruit de notre jobardise.

Source : Il croit qu’il sait…, Téléobs N°2218, 10 mai 2007, Jean-Claude Guillebaud, p. 50


Savoie, 2007 © Benoît Saint Girons

Commentaires du Mendiant :

Qu’est-ce donc de nos jour qu’un expert ? Est-ce quelqu’un qui sait, quelqu’un qui croit savoir  et qui le communique efficacement (le cas existe aussi d’experts qui savent mais qui communiquent sciemment le contraire !) ou quelqu’un de fort bien payé pour distiller un savoir spécifique ? Tous les experts ne sont évidemment pas corrompus (notamment parce que tout sujet d’étude n’est pas forcément rentable), mais tous les lobbyistes essayent de se faire passer pour des experts ou font appel à leurs services. Or, 18 000 lobbyistes font en permanence le siège de la Commission européenne de Bruxelles...

Pourquoi continuons-nous par exemple à promouvoir le lait en tant qu’aliment de première nécessité ? Nous apprenons dans le livre de Thierry Souccar & Isabelle Robard, Santé, mensonges et propagandes : arrêtons d’avaler n’importe quoi !, qu’un expert de l’industrie laitière était également haut responsable de la santé publique. La rédaction de recommandations nutritionnelles officielles est ainsi souvent confiée en France à des chercheurs proches de l’industrie agro-alimentaire…« Le poids des lobbies est colossal et l’indépendance de la recherche difficile. On ne compte plus les études scientifiques financées par les industriels du secteur phyto-sanitaire » note aussi le Professeur Charles Sultan (Inserm, Montpellier), à propos des risques des polluants industriels…  Bref, une société a le experts qu’elle mérite !

Quelques pistes de Consomm’Action :

Avons de croire qui que ce soit, renseignez-vous sur son compte : pour qui travaille-t-il, pourquoi est-il là, comment est-il rémunéré ?  Vous pouvez aussi pousser un peu plus loin en vous intéressant à la formation des soi-disant experts : le nombre d’expert en « bien-être » qui n’ont du bien-être qu’une vision superficielle (voire commerciale) est par exemple phénoménal. Mais que penser aussi des médecins qui ne sont pas formés à la nutrition ou des nutritionnistes à qui l’on enseigne toujours que le lait est un aliment de première nécessité… Au-delà de l’enseignement voire du dogme, c’est le bon sens qui devrait primer !  Evidemment, cela vaut aussi pour ce que j’écrits : il y réside toujours une dose de subjectivité… et il m’arrive de me tromper !


Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

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