Système: « Les bas prix nuisent à l’emploi » déclare un responsable d’hyper…

Publié le par Le Mendiant

1 SCANDALE PAR JOUR : Système

« Les bas prix nuisent à l’emploi » déclare un responsable d’hyper…

Ce que dit la presse :

La baisse des prix, orchestrée tambour battant à l’été 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, aurait-elle eu un effet désastreux sur l’emploi dans la grande distribution ? C’est ce qu’affirme Joël Fabiani, le patron des ressources humaines d’Auchan France. Le 22 juin 2006, […] Joël Fabiani faisait cet aveu spectaculaire : « La frénésie des prix les plus bas est contre-productive et a un effet désastreux sur l’emploi […] Quand des mesures politiques sont prises et qu’elles touchent aux prix des produits, celles-ci ont des conséquences fortes sur l’économie, du fabricant jusqu’au distributeur »

Source : Quand Auchan cible l’ex-ministre Sarkozy, Marianne N°524-525, 9 mai 2007, Perrine Cherchève, p. 69


Hong Kong Peak, 1994 © Benoît Saint Girons

 


Commentaires du Mendiant :

La recherche des prix les plus bas aurait une incidence négative sur l’emploi ?  La belle découverte !  Tout le paradigme du système est bâti sur des coûts et des prix bas !  Pour favoriser le pouvoir d’achat, il n’y aurait qu’une solution : baisser encore et toujours les prix !

Augmenter les salaires ?  Surtout pas car cela nuirait à la rentabilité financière des entreprises. Faire des produits de qualité ?  Mais vous n’y pensez pas : vous savez combien cela coûte !

Plus pernicieux : le gel des salaires poussera les consommateurs à rechercher les prix les plus bas, encourageant du même coup les entreprises à continuer, dans la voie de la prédation, à pressurer toujours davantage salariés et fournisseurs…

Mais comment assurer la croissance en l’absence de pouvoir d’achat ?  En amont, les publicitaires seront chargés de transformer les citrouilles en carrosses, d’encourager l’avidité des consommateurs et de faire passer tous ceux qui n’ont pas les derniers gadgets pour de misérables cendrillons.

Dans le même temps, en aval, on favorisera le crédit à la consommation : « Profitez maintenant, payez plus tard! » Un niveau élevé de chômage et d’endettement assurera la docilité des salariés tandis que la Sécu prendra en charge les somnifères et les séances chez le psy. Le cercle vicieux – qualité, coûts, salaires, prix, moral et santé au plus bas – sera enclenché et renforcera inéluctablement le système…

Qu’un responsable d’une chaîne d’hypermarchés défende sa marge financière au nom de l’emploi est tout de même admirable alors que l’on estime que pour 1 emploi précaire créé en grande surface, de 3 à 5 emplois durables sont détruits ailleurs, notamment dans la petite distribution !

Au moins le ministre de l’économie joue-t-il son rôle à la perfection : favoriser la pérennité du système et la croissance des plus grosses entreprises. Car ce n’est évidemment pas en mettant l’accent sur des prix supposés trop élevés que l’on favorisera la fréquentation des magasins bio, par exemple. C’est dommage car ce modèle d’économie est le plus créateur d’emplois…

 


Quelques pistes de Consomm’Action :

Passer du pouvoir d’achat au vouloir d’achat, du pouvoir d’achat au pouvoir de choix, du dogme des prix les plus bas à celui de la qualité au juste prix. N’oublions pas en effet tous les coûts indirects des produits « made in ailleurs » ou, même, malheureusement, trop souvent, des produits industriels : la pollution, l’exploitation des travailleurs, les incidences sur la santé, le taux de chômage,…  Accepter de payer un peu plus cher pour des produits de qualité, c’est gagner en liberté et c’est faire des économies sur le long terme. Car qui paiera la gabegie du système sinon les contribuables ?  D’ailleurs, comme démontré dans la section Aliment’Action, consommer bio est tout aussi écologique qu’économique !

 

Le Mendiant
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