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Mercredi 21 mars 2007

1 SCANDALE PAR JOUR: Exploitation


Les limites de l'urgence...

Ce que dit la presse :

« A défaut de pouvoir – ou de vouloir – régler les problèmes de fond, l’action des pouvoirs publics contribue à faire patienter les populations en difficulté dans des mesures conçues pour pallier des situations d’urgence, en risquant ainsi d’accroître leur disqualification sociale. »

Source : Êtes-vous solidaires, Le Nouvel Observateur N°2207, 22 février 2007, Serge Paugam, p.34     http://tempsreel.nouvelobs.com/


Commentaires du Mendiant :

A l’exemple d’un bon médecin, les français attendent que l’on s’attaque aux causes plutôt qu’aux seuls symptômes des pathologies. Il faut venir en aide aux SDF mais qu’est-ce qui a poussé ces malheureux à la rue ? Il convient de favoriser l’emploi mais pourquoi des entreprises licencient-elles malgré des bénéfices records ? Il est important de manger des fruits et des légumes mais pourquoi sont-ils bourrés de pesticides ? Il est nécessaire de condamner les délinquants mais quelles sont les causes de la violence ? Attention aux effets d’annonce et autres tartuferies ! Attention aux petites pilules qui affaiblissent le système immunitaire français ! La vraie rupture appelle à une réflexion d’envergure sur les fondements d’un système qui, rappelons-le, a pour fonds de commerce les peurs, les complexes et les frustrations des citoyens.

Apprendre à regarder derrière les apparences n’est pas facile et se méfier du confort encore moins. Il est tentant de pallier rapidement aux symptômes afin de sauver au plus vite les apparences mais, si aucun travail en profondeur n’est entreprit, la tumeur croit et devient bientôt incurable… La misère est ainsi devenue la gangrène d’une société déshumanisée où l’on peut se retrouver à la rue  au moindre accident de parcours. Il est aussi significatif et choquant qu’une majorité de français considère pouvoir un jour rejoindre la cohorte des 86 500 SDF de France…

Derrière les opérations spectaculaires, c’est le regard qu nous portons sur ces malheureux qui doit changer. Vouloir les réintégrer de force dans le système ne donnera pas de résultats. Leur trouver un toit d’office ne les responsabilisera pas davantage. Les accepter pour ce qu’ils sont et aller à leur rencontre pour discuter : même si la figure du Mendiant philosophe est une rareté, un certain nombre d’entre eux ont néanmoins fait le choix d’une vie différente. Dans tous les cas, tous sont des pourvoyeurs de générosité potentiels! 

D’où le dialogue entre Jean-Jacques et le Mendiant dans le conte :

– […] Mais, quand même, cela ne vous dérange pas d’inspirer la pitié ?
– C’est mieux que d’inspirer la haine, non ? Toi, par exemple, avec tes belles chaussures et tes fringues sur mesure, que crois-tu inspirer ? Eh bien, je vais te le dire : tu inspires le désir, l’envie, la jalousie… Moi, j’inspire la générosité et l’entraide. Grâce à moi, les gens se sentent un peu plus humains. Je fais un métier utile, tu sais.
– Évidemment, vu sous cet angle…
– Il faudrait toujours voir les choses sous plusieurs angles. N’existe-t-il pas autant de perspectives que de points de vue ?


Le Mendiant
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Mercredi 28 mars 2007

1 SCANDALE PAR JOUR : Exploitation

Les premières victimes de la Chine


Ce que dit la presse :

"L’impitoyable « grande marche en avant » d’une Chine qui s’est jetée à corps perdu dans une mondialisation dont elle définit désormais les règles. […] Ceux que l’on accuse parfois de nous « voler nos emplois » sont les premières victimes d’un système qui ne leur laisse pas le choix. Dans cet « atelier du monde » où, disent-ils, « on ne voit jamais le soleil », ils continuent à espérer un avenir meilleur."

Sources : Les soutiers du capitalisme chinois, Téléobs N°2210, 15 mars 2007, Jacques Guérin, p. 35 / Documentaire « Made in China », France 5, 20 mars, 20h40


Commentaires du Mendiant :

La croissance de la Chine est essentiellement bâtie sur l’exploitation d’une main d’œuvre malléable et courageuse, qui ne demande qu’à quitter la misère de la campagne pour être exploitée dans les villes tentaculaires. Les mingong ou travailleurs migrants sont près de 150 millions mais le réservoir de main d'œuvre est de 800 millions de paysans. L’exploitation n'est donc pas prêt de cesser, d'autant plus que les multinationales et les consommateurs n'ont pas encore l'air de vouloir prendre leurs responsabilités. Il est bien évident en effet que la sécurité sociale et le bien-être des ouvriers représente un coût ! Sommes-nous vraiment prêt à le payer ou recherchons-nous plutôt les prix les plus bas ?  

Evidemment, la décision pourrait être politique, à l’instar de ce que propose le cancéreux  à Jan-Jacques, dans ce passage du conte Le Mendiant et le Milliardaire :

– Quelle liberté ? Celle de turbiner à l’usine jusqu’à ce que les patrons vous foutent dehors ? J’ai bossé trente ans à fabriquer des casseroles. Et puis tout d’un coup, pouf ! plus rien. On ferme l’usine, RAS, vous pouvez dégager ! Tout ça parce que des Chinetoques acceptent de se faire encore plus exploiter… La société est vraiment dégueulasse. Quand je pense que les gens préfèrent économiser deux balles pour une casserole fabriquée dans des conditions inhumaines plutôt que d’aider des ouvriers comme nous… On se contrefout de la valeur du travail aujourd’hui : on achète parce que c’est pas cher ou parce qu’on l’a vu à la TV. Les gens sont même prêts à bouffer de la merde pour se payer des godasses à logo…
– Et que suggérez-vous de faire ?
– C’est tout con, mais il faudrait mettre des drapeaux sur nos produits et favoriser la consommation nationale. Il faudrait aussi augmenter les prix des produits étrangers.
– Ça, je ne suis pas sûr que ce soit possible…
– Et pourquoi non ? Si on rajoute à ces saloperies leur coût social, la pollution du transport et un salaire potable pour les ouvriers de là-bas, on arriverait au moins au même prix que les produits d’ici. Avec la différence, on pourrait financer le chômage, l’écologie et même le Tiers-Monde !
– Oui, mais si c’est plus cher, il y aura moins de consommation…
– Il y aura une meilleure consommation : plus de produits de chez nous et moins de chez eux.
– Et donc une guerre commerciale : ces pays refuseront ensuite d’acheter chez nous.
– Et pourquoi ça, puisque nous leur fourguons surtout des trucs de luxe et de technologie ? Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux, mais nous sommes trop cons pour le comprendre ! C’est nous qui achetons leurs produits et leur donnons du boulot ! On baisse notre froc sous prétexte qu’ils sont plus d’un milliard et qu’il faut les équiper. On leur file notre technologie pour qu’ils puissent mieux nous entuber avec ! C’est qu’ils ne sont pas bêtes, vous savez. Rusés qu’ils sont ! Et trimeurs avec ça ! En plus, ils n’ont pas de scrupules puisqu’ils sont communistes. Vous avez vu ce qu’ils ont fait au Tibet ? Pourquoi faudrait-il mettre en péril notre économie pour aider ce régime-là ?


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Mercredi 4 avril 2007

1 SCANDALE PAR JOUR : Exploitation


Les pneus de la honte


Ce que dit la presse :

« Les ouvriers sont logés sur le site. Les superbes villas avec golf et tennis sont réservées aux cadres. Les ouvriers s’entassent dans des baraques sans eau courante ni électricité. […] Au-delà des conditions de travail largement dénoncées par l’ONG Samfu, dénonçant, entre autres, le travail des enfants, le téléspectateur n’est pas au bout de ses surprises. L’usine située sur les rives de la Farmington [au Libéria] laisse échapper, en toute impunité, ses divers produits toxiques dans le cours d’eau. […] Les maladies se multiplient chez les pêcheurs qui exploitent ces eaux plus que douteuses. D’anciens ouvriers de l’usine [Américaine fabricante de pneus] ont également perdu la vue après avoir été en contact quotidien de produits chimiques.»

Sources : La jungle du business, Téléobs N°2207, 22 février 2007, Marco Mosca, p.43 / Magazine « Envoyé spécial » : « Les Forçats du caoutchouc », France 2, 1er mars, 20h50


Commentaires du Mendiant :

Les mauvaises habitudes du temps colonial ressurgiraient-elles ?  A moins qu’elles n’aient jamais complètement disparues... Dernière preuve en date, ce reportage sur une usine de caoutchouc au Libéria, propriété d’un leader américain des pneumatique qui s’est de toute évidence trompé de siècle…

Que les ouvriers soient entassés dans des baraques proche de leur lieu de travail passe encore: on ne peut pas construire des maisons à tout le monde et les HLM de certains de nos quartiers ne sont pas non plus très reluisants… insécurité en prime !

Pas d’électricité ?  Le patron veut peut-être éviter qu’ils ne fantasment trop avec la télévision… A trop rêver devant l’opulence de l’Occident véhiculée par les feuilletons américains, ils pourraient avoir envie d’émigrer aux Etats-Unis…

Pas d’eau courante ?  Sans électricité, les risques d’électrocution étaient pourtant réduits… Non, de toute évidence, il ne s’agit bien là d’une variante moderne de l’esclavage. 

La preuve avec la pollution du site : les maladies se multiplient chez les pêcheurs des villages alentours et tout le monde reste bien pauvre et misérable, obligés de travailler encore et toujours pour un salaire de misère pour les saigneurs occidentaux.  Tout bénéfice !

Quelques pistes de Consomm’Action :

Rouler sans pneus ?  Nous pouvons au moins les sélectionner avec soin : toutes les entreprises de pneumatiques n’abusent certainement pas autant de leur main d’œuvre et des besoins en devise des pays qui les accueillent… Toutes polluent, c’est évident, et utilisent des matières chimiques dangereuses, cela va de soi pour un produit dérivé du pétrole, mais il doit bien s’en trouver certaines pour respecter un code de déontologie minimum. Pour plus d’information, voir le site de l’ONG Samfu qui dénonce les agissements de cette multinationale irresponsable : www.samfu.org

Le Mendiant
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Par Le Mendiant
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