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Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /2007 06:00

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Santé

 


Les dégâts des médicaments


Chaque année en France, les maladies iatrogènes, c’est-à-dire provoquées par les médicaments, sont responsable de 5% à 10% de la totalité des hospitalisations soit 140 000 par an dont plus de 13 000 décès. C’est beaucoup plus que les accidents de la route (dont d’ailleurs de 8 à 15% seraient dus à la prise de médicaments : la prise d’un somnifère équivaut par exemple, dix heures plus tard, à un taux d’alcoolémie de 0,5/0,8 gramme) mais qui s’en préoccupe ? 

Pas le gouvernement en tout cas qui vient de relayer aux oubliettes, à partir de la rentrée prochaine, l’enseignement sur les risques médicamenteux . « La moitié de ces accidents médicamenteux est évitable, mais il faut apprendre aux médecins à mieux prescrire » souligne pourtant Patrice Queneau, professeur en thérapeutique au CHU de Saint-Etienne et membre de l’Académie nationale de médecine.

Mais peut-être conviendrait-il de s’interroger, avant tout, sur la spécificité nationale qui fait de nous les champions d’Europe de la consommation de médicaments : en moyenne, cinquante boites ou flacons par an et par habitant !  Cela fait une boîte de médicaments par semaine, soit deux ou trois fois plus que nos voisins européens ! Deux fois plus par exemple que les Italiens qui ont pourtant, une espérance de vie supérieure à la nôtre ! Passé 75 ans, les Français prendraient même 5 à 6 médicaments différents par jour ! Pas étonnant que ce soit ensuite l’hécatombe… même s’il sera plus aisé d’accuser la canicule…

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

Mais pourquoi une telle surconsommation ?  Le facteur principal tient à la puissance des lobbies pharmaceutiques en France et au fait qu’ils verrouillent la formation des médecins. La contribution publique à la formation continue des médecins ne s’élève en effet qu’à 70 millions d’euros par an, contre 300 à 600 millions d’euros côté labos !

« Les laboratoires assurent 80% du financement des agences chargées d’autoriser la commercialisation des médicaments. Ces mêmes laboratoires financent 98% de la formation continue des médecins, et les campagnes de promotion les ciblant ne sont pas sans effet sur leurs prescriptions. Conséquence, extraite du rapport [« Médicament : restaurer la confiance » publié par le Sénat] : « Lors de 74% des visites médicales, les effets indésirables du produit sont passés sous silence. » précise Samia Dechir, dans le magazine Marianne. (24 juin 2006)

Mais l’attitude des consommateurs est également en cause. Selon le Pr Claude Béraud, « 50% des patients qui consultent leur généraliste présentent des symptômes sans rapport avec une maladie. Il en va de même pour 30% des patients s’adressant aux spécialistes. » Bref, on va chez le médecin alors qu’on n’est pas vraiment malade. Et qu’attendons-nous ensuite du médecin ?  Des médicaments pardi, sans réaliser que ces derniers affaibliront notre système immunitaire et, à terme, risquent de nous rendre vraiment malades !  Comme le précise le Pr Béraud, « les traitements médicamenteux échoueront régulièrement s’ils se substituent à une véritable écoute du patient. » 

Le serment d’Hippocrate demande aux médecins de conseiller à leurs patients « le régime de vie capable de les soulager » et d’écarter d’eux « tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible » On en est donc loin mais comment pouvons-nous exiger une médecine de qualité sans rémunérer correctement les professionnels ?  Et comment réduire la consommation de médicaments sans responsabiliser financièrement les malades ?  Ces solutions de bon sens sont évidemment combattus par les labos : le statut quo leur est beaucoup plus profitable !  Est-ce aussi la raison pour laquelle les politiques s’expriment rarement sur le sujet ?


Et maintenant que faire ?

Les personnes qui souhaitent être en bonne santé devraient envisager de se passer le plus possible des médicaments. Si 5 à 6% des malades doivent utiliser les « thérapeutiques les plus puissantes même si elles peuvent être nocives » 94 à 95% des autres malades ont « toutes les chances d'être améliorées considérablement ou guéries par des thérapeutiques naturelles, avec les plantes bien sûr, en traitement de fond ou même en traitement exclusif.» déclarait le Dr Jean Valnet.  Des alternatives plus naturelles et moins toxiques sont disponibles dans la plupart des cas. Malheureusement, les médecins n’y sont pas formés mais cela fera l’objet d’un autre article…

LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…


Sources :
Gélules de crise, Téléobs N°2209, 10 mars2007, Marco Mosca, p. 35
Prendre des médicaments : le meilleur chemin vers l’hôpital, Pratiques de Santé N°54, 22 juillet 2006, Alexandre Imbert, p.2
Accidents médicamenteux : Un arrêté qui fait mal, Le Point N°1797, 22 février 2007, Chritophe Labbé et Olivia Recasens, p.50
Jean de Kervasdoué : « Il faut tailler dans nos dépenses de santé », Capital N°183, Décembre 2006, propos recueillis par Anne Rosencher, p. 92
Lobby pharmaceutique : Emprise continue, Que Choisir N°444, Janvier 2007, p.5
Les médicaments sans tabou. Pièges, mensonges et vérités, Pr Claude Béraud, Librio, E.J.L., 2005
L'Aromathérapie, Dr Jean Valnet , Ed. Maloine / Livre de Poche, 1964.

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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /2007 06:00

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Santé

Hippocrate contre les hypocrites

Le médecin généraliste, formé aux thérapies naturelles et fidèle au serment d’Hippocrate vise à la prévention. Il s’attaque aux causes plutôt qu’aux simples symptômes, est à l’écoute de ses patients et évite autant que possible le recourt à la chimie qui affaiblit le système immunitaire… « Le terrain avant tout » pense-t-il. Sa formation est assurée en toute indépendance et ses revues spécialisées sont à l’abris de l’influence des labos, ce qui lui permet de mieux jauger les arguments des visiteurs médicaux. Il est au cœur du système de soins et oriente les patients vers les spécialistes ou les thérapeutes reconnus. Aussi rémunératrice et moins monotone que ces autres voies, la profession attire à nouveaux les plus brillants étudiants…

Si la médecine moderne correspondait à ce schéma, les citoyens seraient globalement en bonne santé, la Sécu ne serait pas en déficit et cet article n’aurait pas lieu d’être. Du fait du système et du business, ce n’est malheureusement pas le cas…

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

On estime que près de 30% des infections contractées à l’hôpital (750 000 personnes sont touchées chaque année par les maladies nosocomiales et 4 000 en meurent) seraient évitables, parfois grâce à de simples gestes d’hygiène. « [Il y a] chez les praticiens, une formation très insuffisante en matière d’hygiène : à peine quelques heures sur des années d’étude » déclare le Dr Pierre Parneix.  Lorsque le médecin hongrois Semmelweis écrit au milieu du XIXe siècle : « Les mains, par leur simple contact, peuvent être infectantes », il fut la risée de ses collègues. Apparemment, son message a encore du mal à passer !

Nous avons vu aussi précédemment (Article "Les dangers des médicaments"), que la moitié des accidents médicamenteux serait évitable si les médecins étaient mieux formés et si leur formation continue n’était pas tributaire des labos : la contribution publique à la formation continue des médecins ne représente ainsi que 70 millions d’euros par an, contre 300 à 600 millions d’euros pour les labos…

La formation des médecins est au cœur du problème. Les médecins sont en France les seuls à pouvoir prescrire de la phytothérapie (soins par les plantes) mais quel pourcentage est, par exemple, formé à l’aromathérapie, dont les huiles essentielles renferment le plus de principes actifs des plantes (des dizaines de molécules naturelles en moyenne contre une seule molécule chimique pour les antibiotiques) ? Même problème avec la nutrition dont Hippocrate disait pourtant qu’elle devrait être la base de la médecine : les étudiants ne l’étudieraient que quelques heures au cours de leur long cursus…

Comment dans ces conditions faire de la prévention ? Donner le monopole des soins aux médecins, soit, mais encore faudrait-il qu’ils soient d’abord de bons généralistes c’est à dire sensibilisés à toute la palette possible des soins. Or « bien que l’OMS ait reconnu 70 thérapies naturelles, notre médecine officielle, Académie de médecine en tête, les dénigre avec tant d’acharnement qu’il n’est pas facile de les pratiquer. » selon un hors série du magazine Ça m’intéresse sur les thérapies alternatives.

Ainsi, selon une enquête réalisée en 2005 auprès de généralistes parisiens, 80% des médecins prescriront un somnifère à un patient insomniaque, contre 12% seulement la phytothérapie et 2% l’acupuncture…  Où l’on voit que la facilité et le business (les somnifères rendent dépendants et il faut toujours augmenter les doses) priment sur l’efficacité…

Or, si 5 à 6% des malades doivent utiliser les « thérapeutiques les plus puissantes même si elles peuvent être nocives » 94 à 95% des autres malades ont « toutes les chances d'être améliorées considérablement ou guéries par des thérapeutiques naturelles, avec les plantes bien sûr, en traitement de fond ou même en traitement exclusif.» déclarait le Dr Jean Valnet.

Depuis la mise en place en juin 2004 des "Epreuves Classantes Nationales" (ECN), ce sont surtout les moins bon élèves qui choisissent la médecine générale (en 2005, un quart des postes n'ont pas été pourvus). Les meilleurs optent plutôt pour les spécialités les plus rémunératrices, tels que la chirurgie plastique, la radiologie ou la gastroentérologie). Résultats: pour vivre convenablement, les médecins généralistes doivent "abattre" au moins trois clients par heure.

« Il faudrait être un saint pour faire un bilan approfondi du malade, privilégier la prévention, et prendre le temps de mettre à jour ses connaissances en permanence pour 22 euros! » reconnaît le Docteur Jean-Pierre Willem, célèbre pour son combat en faveur des thérapies naturelles (Pratiques de Santé, 23 sept 2006)

Ce ne sont pas les médecins mais le système qui est en cause. Les généralistes travaillent déjà en moyenne 53 heures par semaines et il serait illusoire de leur demander de faire de la prévention ou d’appliquer les thérapies naturelles (qui requièrent plus de temps) sans contrepartie financière. Le paiement forfaitaire à l’acte a fait son temps et il serait opportun de s’interroger sur la problématique suivante : est-il plus rentable pour la société de prendre le temps de la prévention ou de continuer à soigner superficiellement (et à maintes reprises) les symptômes ?


Et maintenant que faire ?

La décision ne peut être que politique car, si on laisse le marché réguler les pratiques de santé, le développement des maladies ne peut que croître : un malade est un consommateur bien plus rentable et les labos n’ont aucun intérêt à trop bien soigner… La marché des médicaments a atteint 600 milliards de dollars en 2005, en progression annuelle de 7%…

Les malades, néanmoins, ont le pouvoir de faire évoluer les choses : rien ne les oblige en effet à accepter un médicament chimique qui ne s’attaquera qu’aux seuls symptômes tout en affaiblissant le système immunitaire, alors que des solutions alternatives – plus naturelles et plus efficaces à long terme mais malheureusement non remboursées – existent.  Le choix est entre le confort à court terme ou la santé à long terme, entre l’assistanat chimique et la responsabilité naturelle.

Si une majorité de citoyens fait le choix de la santé sur le business, alors les médecins – et la formation des médecins – devront s’adapter à la demande. Déjà, les cabinets des médecins naturopathes ne désemplissent pas. Dans les années 1980, un Français sur trois avait recours aux médecines alternatives. Vingt ans plus tard, ils sont deux sur trois !  Nous sommes sur la bonne voie…


LE MENDIANT
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Sources :
Le classement 2007 des hôpitaux les plus sûrs, L’Express N°2898, 18 janvier 2007, Vincent Olivier et Estelle Saget, p. 34
Lobby pharmaceutique : Emprise continue, Que Choisir N°444, Janvier 2007, p.5
Ça m’intéresse, hors série N°14, octobre 2006, p.8
Dr. Valnet, L'Aromathérapie, Ed. Maloine / Livre de Poche, 1964.
Le médecin généraliste c’est le dernier de la classe, Dr Jean-Pierre Willem, Pratiques de Santé N°56, 23 sept 2006, p.1
La réussite des médecines alternatives, Sciences et Avenir N°720, Février 2007, Sylvie Riou-Milliot, p. 40
Girons, Jouvence, 2007

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