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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 06:00

Dossiers Pollutions

Les abeilles décimées par la chimie

 

« Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que 4 années à vivre; plus d'abeilles, plus de pollinisation, plus d'herbe, plus d'animaux, plus d'hommes...» disait Einstein. En effet, 20 000 végétaux et 40% des plantes cultivées dépendent des abeilles pour être cultivées.  Selon Bernard Vaissière de l’Inra, « la production de 84% des espèces cultivées en Europe dépend directement de la pollinisation par les insectes. Ces insectes pollinisateurs sont pour l’essentiel des abeilles, dont il existe plus de 1000 espèces en France. » Et pourtant, malgré le danger, des milliards d’abeilles ont pourtant été occises par des poisons légaux depuis une dizaine d’années… 

 

La revue anglaise Sciences, parue le 21 juillet 2006, confirmait une baisse des abeilles sauvages de 52% en Grande-Bretagne et de 67% aux Pays-Bas par rapport à la situation précédant les années 1980. En France, les apiculteurs perdent et restaurent chaque année une ruche sur quatre !  Depuis 1995, un tiers des colonies d’abeilles meurent chaque année en France !

 

Pourquoi ?  Les prédateurs les plus agressifs des abeilles sont, depuis 1993, les nouveaux insecticides dits systémiques. Les plus connus sont le Gaucho et le Régent, qui, devant l’hécatombe, furent très progressivement retirés du marché, de manière à permettre aux agriculteurs d’écouler leur stock…


Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz 

 

 

Néanmoins, malgré l’interdiction de ces poisons depuis deux ans, la mortalité anormale des abeilles continue… Le séquençage complet du génome de l’abeille a en effet révélé que l’abeille domestique était plus vulnérable aux produits chimiques que la plupart des insectes… Or, sur les 100 000 substances chimiques commercialisées en Europe, seules 3% auraient été testées en matière d’innocuité…

 

Premier consommateur européen de pesticides (le marché français était évalué en 2000 à 28 milliards de dollars), quoi de plus normal que les abeilles françaises trinquent… au point que les colonies d’abeilles vivraient désormais mieux… en ville, à l’abris des pesticides !  Si elle n’est pas vite enrayée, cette exode rurale serait lourde de conséquences…

 

Et maintenant que faire ?

 

A part élever chez soi des abeilles, la seule solution à court terme est de faire pression sur l’agriculture intensive pour qu’elle limite l’utilisation des produits phytosanitaires chimiques. Comment ? En consommant massivement des produits Bio !   Vous pouvez aussi faire le tri dans vos placards et éliminer tous les produits chimiques (des produits naturels tout aussi efficaces existent) car si les abeilles souffrent, croyez bien qu’il en va de même des hommes, comme nous le verrons ultérieurement…


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Première ouvrière de la biodiversité, l’abeille est en voie de disparition, Biocontact N°163, Novembre 2006, Henri Clément, p.6
Abeilles Toxico-sensibles, Le Point N°1797, 22 février 2007, Audrey Pinson, p.22
Champs toxiques, L’Express N°2904, 1er mars 2007, p. 105

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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /2007 06:00

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Pollutions


L’arnaque des "bio" carburants


L’inauguration en octobre 2005,  « en grande pompe », d’une pompe E85 de biocarburant par le ministre de l'économie présageait mal de l’avenir car la pompe était… vide !  Mais, à l’époque, alors que le prix du pétrole atteignait les sommets, les biocarburants apparaissaient encore comme le produit miracle, capable à la fois de relancer l’agriculture, de réduire la dépendance énergétique de la France et de sauver la planète.

« Le rendement énergétique de la filière éthanol-betterave est de 2,3 fois plus élevé que celle de l’essence ! Cette filière rejette également 2,5 fois moins de gaz carbonique. Mais le vrai jackpot est décroché par le biodiesel tiré du colza et du tournesol : un rendement 3,3 fois plus élevé et cinq fois moins de CO2 ! » signalait à l’époque le magazine Le Point.

Las !  Les scientifiques qui se sont repenchés sur les chiffres on découvert, pour commencer, que les biocarburants produit en Europe ou aux Etats-Unis ne seraient finalement pas rentables énergétiquement.  « Selon l’Ademe, l’éthanol de blé a un rendement énergétique de 2 (c’est à dire 2 fois plus de carburant produit que de carburant utilisé). Mais pour l’Inra, le rendement ne serait que de 1,19. Entre les deux chiffres, l’intérêt écologique de l’E85 s’écroule. » souligne la magazine Marianne. Au final, il faut de 0,8 l à 1 litre de pétrole pour produire 1l d’éthanol, pour un rendement moteur ensuite inférieur…

Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz 

L’approvisionnement en matière première est également problématique. Jean-Marc Jancovici se charge de ramener les rêveurs sur terre : « Pour produire l’équivalent du pétrole consommé par les transports en France, il faudrait planter du colza ou des betteraves sur 50 millions d’hectares » Or, l’Hexagone en compte 55 millions… On comprend néanmoins l’intérêt des agriculteurs : la promesse de nouveaux revenus est conséquente !

« Le soutien aux céréaliers et betteraviers est en fait la vraie raison de l’accélération du plan gouvernemental. D’ailleurs, la FNSEA, syndicat majoritaire, milite avec ferveur pour leur développement. La confédération paysanne […] y est en revanche franchement opposée. Preuve que les biocarburants profitent plus à l’agriculture industrielle qu’à ceux qui pratiquent une agriculture durable. » précise le magazine Que Choisir.  On l’aura compris, les biocarburants n’ont en l’état rien de bio!    Au contraire, cette culture intensive risque d’entraîner un surplus de pesticides et d’OGM.  « Ce sont des produits issus de l’agriculture la plus chimique, la plus intensive, le plus productiviste. »  dénonce le magazine Quelle Santé. Nous voilà bien loin de l’idée généreuse des carburants verts…

Sans intérêt chez nous, les biocarburants en auraient-ils au moins à l’étranger ?  La canne à sucre utilisée au Brésil présente déjà plus d’intérêt : elle se plante tous les dix ans, réclame peu d’engrais et fournit son propre combustible pour la production de l’éthanol. Ce qui fait dire au directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le Français Claude Mandil, que « la France ferait mieux d’importer de l’éthanol du Brésil que d’en produire au prix fort ! »

Le Brésil est ainsi le premier producteur de biocarburants au monde. Cela ne s’est toutefois pas produit sans heurts : « Les immenses fazendas des riches propriétaires expulsent les petits paysans qui vivaient de la culture vivrière. Dans le Nordeste du Brésil, des centaines de milliers de familles sont tombées ainsi dans la misère, perdant leur source de revenu. » précise le journal La Décroissance.

Le WWF dénonce aussi le développement inconsidéré des plantations: « A l’heure actuelle des millions d’hectares de forêts tropicales sont détruits pour faire place à des plantations de palmiers à huile, de soya ou de canne à sucre (…), ce qui met gravement en danger la diversité biologique. L’utilisation d’OGM et de pesticides dans de telles plantations est elle aussi néfaste pour la diversité biologique, notamment par la pollution des sols et des eaux. »

Bref, les biocarburants ne solutionnent rien. Au contraire, les voilà qui posent de nouveaux soucis éthiques : pouvons-nous tolérer, par exemple, que les terres des pays pauvres servent à approvisionner les pays riches en carburants au détriment des cultures traditionnelles et alors qu’une partie de leur population a faim ?   Déjà, 80% des terres cultivées dans le monde le sont pour l’exportation. Est-ce bien raisonnable ?


Et maintenant que faire ?

On pourra commencer par soutenir l’association WWF qui demande la mise en place d’un système d’ « éco-certification » pour tous les biocarburants. www.wwf.org  

Ensuite, on arrêtera de se bercer d’illusions : la réduction du gaspillage énergétique est la seule solution viable pour la planète. Ainsi, pour rouler vert, le mieux est encore de prendre moins fréquemment sa voiture ! Abaisser les limitations de vitesses de 10km/h  et décourager l’achat des véhicules très émissifs en CO2 (plus de 140 g/k) seraient d’autres moyens bien plus efficaces… en attendant la voiture tout électrique ou à hydrogène… (qui se révèlera peut-être aussi une fausse bonne idée ?)

 


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Le Point N°1783, 16 novembre 2006, Frédéric Lewino, p.78
Pourquoi la « taxe carbone » est inévitable : Vivre sans pétrole, Le Nouvel Observateur N°2197, 14 décembre 2006, Jean-Marc Jancovici, p.34
L’arnaque du carburant vert, Marianne N°508, 13 janvier 2007, Hervé Nathan, p.35
Le grand bluff des biocarburants, Que Choisir N°444, Janvier 2007, Elisabeth Chesnais, p.44
Biocarburants : pas écolos du tout, Quelle Santé N°12, Janvier 2007, p.4
Les biocarburants colonisent le monde, La Décroissance N°31, Avril 2006, Sophie Divry, p. 6

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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /2007 06:00

LE DOSSIER DE LA SEMAINE : Pollutions

 

Nano technologies mais maxi danger ?

 

Selon le magazine Quelle Santé, « les premiers troubles de santé liés à l’emploi de nanocomposants (de la taille d’un milliardième de mètre) dans les produits de consommation courante commencent à apparaître. […] En Allemagne, un produit nettoyant pour les sols, […] vient d’être retiré du marché précipitamment. Il a provoqué des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommatrices ! »

Nous ne saurons probablement jamais si les nanotechnologies étaient véritablement en cause ou non pour une raison simple : du fait de leur taille (de l’ordre du milliardième de mètre : il y a la même échelle entre une pomme et la Terre qu’entre une pomme et un nano!), les nanocomposants sont quasiment indétectables et se faufilent partout ! Comme l’indique Que Choisir, « les méthodes de détection et de mesure des nanoparticules ne sont pas au point. ». « Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est que les industriels eux-mêmes ne connaissent pas bien les nanoproduits qu’ils fabriquent », confie même (sous réserve d’anonymat) le directeur du département recherches d’un des spécialistes français des nanotechnologies !

En l’absence de tests poussés, nous en sommes donc réduits aux spéculations : « Quand les gens se baignent ou que les tubes sont jetés, que deviennent les nanoparticules ? Quel est leur effet sur les écosystèmes aquatiques ? Pourraient-elles contaminer l’homme par la chaîne alimentaire via les poissons ? Ca me paraît aberrant qu’on ait mis tout ça sur le marché sans avoir les réponses » déclare Alain Lombart, toxicologue retraité d’une entreprise fabriquant des nanoparticules de carbone, au magazine Que Choisir.

 

 


Dessin Jean Philippe Combaz pour Satoriz

 

Le principe de précaution ?  Pulvérisé sur l’autel du business !  Le revenu mondial généré par les nanotechnologies était de 40 milliards d’euros en 2001 et on estime qu’il devrait atteindre 1000 milliards en 2010-2015 !  Pourquoi tuer la poule aux œufs d’or ?  Le programme européen Reach sur les produits chimiques a ainsi exclut les nanoproduits de son champs d’application en raison de… leur faible tonnage !  Dans un sens, ce n’est pas plus mal car Reach a été tellement édulcoré pour faire plaisir aux industriels que les nanoparticules seraient de toute façon passées entre les mailles…

De toute manière, les nanoparticules requièrent un programme spécifique, du fait de leur extrême dangerosité potentielle… Selon Hans Jonas, philosophe de l’écologie et auteur du Principe responsabilité, l’accroissement de notre puissance technologique impose de nouveaux devoirs, non plus envers nos semblables mais envers les générations futures. En effet, selon Philosophie Magazine, « les nanoparticules sont incontrôlables par essence et non par accident. Les risques de l’infiniment petit doivent être appréhendés d’une toute autre manière que ceux impliqués par les autres évolutions techniques. »

« Certaines substances, a priori anodines, deviennent toxiques du fait de leur division à l’échelle nano. », précise déjà Stéphane Lacour de l’Université de Poitiers.  De fait, selon Quelle Santé « on a démontré que les fullerènes (nanobilles de carbone) utilisés dans les crèmes hydratantes, endommagent le cerveau des poissons et sont hépatotoxiques chez l’homme. On a mis en évidence, et cela de manière irréfutable, que les nanoparticules de dioxyde de titane, employées dans les filtres solaires pour une question d’esthétique produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN de la peau. » Comme le résume le journal La Décroissance, « Personne ne connaît tous les risques liés à la dissémination des nanoparticules dans la nature. »

On apprend aussi que, début juillet 2006, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l’environnement, mettait en garde : « De multiples arguments indiquent l’existence d’une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l’homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané. »

En effet, on soupçonne les nanoparticules de pénétrer, par la peau, à l’intérieur de l’organisme pour s’y accumuler. Ils franchissent les barrières habituellement protectrices et pourraient même atteindre le cerveau !  L’infiniment petit pourrait-il prendre le contrôle de l’infiniment grand ? 

 


Et maintenant que faire ?

A nouveau, la solution passe par un mouvement citoyen : une mise en quarantaine des entreprises utilisatrices selon le principe de précaution ? Les nanotechnologies seront ainsi enfin détectables… au niveau des profit des industriels !

A l’heure actuelle, les nanoparticules se retrouvent surtout dans les cosmétiques, les produits ménagers, les équipements automobiles… et évidemment le militaire, des créneaux  déjà pas vraiment associés au naturel… Les deux premiers sont faciles à remplacer car des alternatives bio existent. Le dernier est létal par essence. Quant à l’avant dernier, remplacer la voiture par le vélo confronterait alors l’organisme aux micro particules émises par les moteurs des autres… Un moindre mal ? 

 


LE MENDIANT
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de vous…

 


Sources :
Nonoparticules et cosmétiques, Quelle Santé N°9, Octobre 2006, p. 6
Nanoparticules : chronique d’une catastrophe annoncée, Quelle Santé N°13, Février 2007, Amel Bouvyer, p. 8  
Nanotechnologies : A prendre avec des pincettes, Que Choisir N°445, Février 2007, Fabienne Maleysson, p.40
L’ère de la nanomédecine, Le Nouvel Observateur N°2207, 22 février 2007, Fabien Gruhier, p.82
Nanotechnologies: la révolution invisible, Philosophie Magazine N°7, Mars 2007, Jean-Paul Rousset, p. 25  
Les nanotechnologies : vers l’infiniment dangereux, La Décroissance N°31, Avril 2006, Sophie Divry, p. 16

 

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