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La crise financière fait sortir le mendiant de sa léthargie...  Reprendra-t-il la plume de manière régulière ?  Il la prendra à chaque fois qu'il aura quelque chose à dire... mais il ne peut se répéter et les deux contes disponibles gratuitement (conte écologique De l'air! et conte alimentaire Bon appétit!) recèlent déjà la plupart des problématiques et des thèmes de la simplicité volontaire du Mendiant. Excellentes lectures et réflexions à tous et dans l'attente de vos commentaires...

Samedi 4 juillet 2009

Numéro spécial environnement du Reader’s Digest (Juin 2009). « 52 pages d’idées vertes » avec Nicolas Hulot en couverture : « Osons un autre monde ». Vaste programme…

 

Cela commence sur les chapeaux de roue avec une Anne Roumanoff « Ecologiquement incorrecte » puisqu’elle « adore prendre des bains ». « Tu n’as pas honte de gaspiller toute cette eau ! » l’engueule son mari et sa fille de 6 ans, qui a bien retenu la leçon : « Après, la planète, elle va être morte. »  Morte de rire ou de honte ?  A force de nous bassiner avec la douche, on en oublierait presque les vertus du bain : celui de relaxer, de prendre du temps pour soi, d’oublier durant un instant l’obsession de la performance (livre à paraître en septembre aux Editions Jouvence).

 

Le bain est « écologiquement incorrect » parce qu’il consomme plus d’eau ?  Certes mais le bain est aussi une thérapie (la balnéothérapie) qui permet de recharger ses batteries, de se sentir bien dans sa peau et de réfléchir, éléments indispensables à la santé et au bien-être.  D’ailleurs, si au sens propre l’écologie est « l’étude scientifique des rapports des êtres vivants avec leur milieu naturel » (Petit Larousse), alors le bain ne serait-il pas « écologiquement correct » dans le sens où il nous replonge dans notre environnement aquatique originel ?

 

Vous l’avez compris : à la différence d’une Anne Roumanoff qui se moque des clients des magasins bio, cet article ne sera pas politiquement correct.  Prendre une douche pour prendre soin de la planète plutôt que de prendre soin de soi ?  Non seulement la planète ne notera aucune différence (il y a suffisamment d’eau en Europe pour remplir les baignoires puisque l’on y remplit bien encore les piscines !) mais, si au final l’on finit malade ou stressé par défaut de « temps pour soi », alors ce choix aura été complètement contreproductif !

 

L’interview de Nicolas Hulot fournit un autre exemple d’ambivalence: une bonne analyse « Qu’on le veuille ou non, il va falloir réduire nos consommations […] La civilisation consiste précisément non pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement » malheureusement anéantie par une totale absence de volonté politique : « Je ne suis pas certain de pouvoir faire mieux que Jean Louis Borloo ni de résister à la mécanique du système. »  81% des français lui font confiance pour défendre la planète  mais lui préfère « prendre le temps de la réflexion ». Et nous qui pensions qu’il y avait urgence…

 

Continuons avec les « 33 conseils pour économiser l’énergie ». 33 seulement ?  Un peu moins encore d’ailleurs si l’on soustrait les conseils problématiques pour la santé  « cuisinez au micro-ondes ou au barbecue » et les conseils bateaux que l’on retrouve dans tous les magazines depuis que l’écologisme fait vendre : baissez le thermostat, isolez votre maison, éteignez la lumière, économisez l’eau, conduisez moins, etc. 

 

C’est oublier que nous n’aimons pas être pris pour des imbéciles et qu’infantiliser à coup de « gaspiller, c’est pas bien » ne fera donc pas avancer la cause écologique. D’où l’opération lib’airté : expliquer, via un petit conte écologique, pourquoi et comment le système est manipulateur (voir le site www.lemendiant.fr)  Pourquoi par exemple le gouvernement a tout intérêt à pointer les citoyens du doigt plutôt que de remettre en cause les véritables sources de la pollution : l’agriculture productiviste, la politique du tout voiture, l’industrie agro-phyto-sanitaire, la surconsommation, le culte de la croissance,…

 

La « digestion du lecteur » se poursuit avec le témoignage d’une famille des Pays Bas: «  Nous somme en meilleur santé, nous réalisons des économies et nous aidons l’environnement ! »  L’aventure commence néanmoins « dans l’allée du supermarché » Dans un magasin bio, notre famille aurait pourtant fait des économies sur les questions existentielles: le thon victime de la surpêche ? Le poulet élevé en batterie ? Les légumes de provenances lointaines ?  Elle n’aurait pas eu besoin d’analyser chacune des étiquettes et aurait évité la mauvaise conscience : « Sommes-nous vraiment écolos ? »

 

Nous suivons donc les efforts de cette famille pour arriver aux 2,1 hectares allouables à chaque habitant de la planète afin de respecter les ressources. Le projet est ambitieux : la France a une « empreinte écologique » moyenne de 4,9 ha par habitant et les USA de 9,6 ha

 

Cette famille commence par limiter ses trajets en « énorme 4x4 de seize ans d’âge », baisse son thermostat, développe son jardin potager (« l’alimentation représente en moyenne un tiers de notre empreinte mondiale »), consomme moins de viande, opte pour le commerce équitable… et constate au final que « la vie est plus détendue, plus sereine » et qu’ils n’ont « jamais été en meilleur forme physique ». La planète est également ravie : l’empreinte est passée de 4,5 à 3,5 hectares.  Formidable sauf que cette « simplicité volontaire » s’apparente tout de même à un parcours du combattant (gadgets technologiques à l’appui) et aurait tendance à décourager plutôt qu’à inspirer…

 

Sur ce sujet, « la mauvaise qualité de l’air provoque chaque année la mort prématurée de 370 000 Européens , dont 13 000 enfants de moins de 4 ans. ». Premier responsable ?  Les particules fines des moteurs Diesel dont la France est grande consommatrice (plus d’une voiture sur deux). Cocorico !

 

D’où l’interrogation suivante : « Rouler propre. Quelle voiture pour demain ? Quelle voiture acheter ? »  Question en effet incontournable de tout dossier écologiste qui se respecte… avec tout de même une réflexion d’intérêt : « l’énergie utilisée pour construire une voiture représente 20% de sa consommation totale »  Sous entendu (mais il ne faut pas le dire trop fort) : aucune voiture n’est ou ne sera jamais écologique !  La fameuse Toyota hybride, avec ses deux moteurs, serait ainsi deux fois plus polluante à construire et à recycler…

 

Nous suivons ensuite un « chef 100% nature » dans son jardin écolo où « le respect de la nature et du rythme des saisons sont les ingrédients de la cuisine hors pair d’Alain Passard. »  Un restaurant trois étoiles tout de même… assez éloigné donc des cafétérias d’entreprise ou des cantines scolaires.  La qualité a sans doute un prix mais est-ce vraiment le bon exemple, alors que la bio est continuellement accusée (à tord) d’être trop chère ?

 

Le dossier se termine par les entreprises qui bougent : « Partout en Europe fleurissent des initiatives et des innovations technologiques qui misent sur le vert. »  Pour augmenter leur CA ou sauver la planète ?  De la basket écologique de Nike à 80 euros au grand magasin utilisant la lumière du jour en passant par la tondeuse économe, le salut viendra évidemment de la technologie et des multinationales !  Citoyens privilégiés de l’Occident, rassurez-vous : vous pouvez continuer à consommer en bonne conscience…

 

Le mot de la fin revient à Nicolas Hulot avec trois conseils de base dont celui d’interpeller les politiques. Amusant, de la part d’un homme qui n’a pas souhaité se prononcer en faveur d’un candidat lors des dernières élections présidentielles, permettant au plus mauvais élève écologique de les remporter… « J’invite à encourager la cohérence et l’audace des programmes. » Nous préfèrerions qu’il ne se contente pas de lancer les invitations…

 

Que faut-il conclure de ce « numéro spécial » ?  Et bien d’abord qu’il n’était pas si « spécial » que cela avec des « idées vertes » passablement défraichies. Deuxièmement, que l’on y retrouve en filigrane la Sainte Foi dans le développement et la technologie: il ne s’agit pas de consommer moins mais de consommer mieux, en faisant confiance au marketing vert des entreprises adeptes du « green washing »…

 

La promesse n’est donc pas tenue : aucun autre monde n’a été osé ou même esquissé !  On reprend les mêmes rouages que l’on se contente de graisser et de repeindre avec des produits soit disant plus écologiques…

 

Comment oser un autre monde sans s’intéresser au mécanisme du système, à ce qui l’alimente (l’avidité, la peur, les complexes, les frustrations,…) et à ce qui le promeut (grosso modo les médias aux mains des industriels et autres lobbies d’experts). Comment oser un autre monde sans commencer par s’interroger sur notre écologie propre: sommes-nous heureux dans la surconsommation et la compétition permanente ?  

 

Être écologiste, est-ce fermer le robinet lorsque nous nous brossons les dents ou bien retrouver des valeurs plus en adéquation avec notre nature ?  Est-ce acheter les technologies « vertes » ou bien arriver à apprécier un peu de vide et de silence.  L’écologisme n’est pas une contrainte mais la perspective de vivre mieux, dans le respect de son humanité. Nous ne consommerions pas autant si nous étions heureux…

 

Le Mendiant

 

PS: excellent été à toutes et à tous!

Par Le Mendiant - Publié dans : REFLEXIONS
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Samedi 7 mars 2009

Un article de Christilla Pellé-Douël intitulé « Qui sont les antiécolos ? » dans Psychologies magazine du mois de mars 2009.

 

Intéressant article qui, en donnant la parole à des « objecteurs de bobo-écologie », dresse un catalogue non exhaustif des caricatures et des excuses trop souvent utilisées pour justifier l’inaction.

 

« Au début des années 1970, les premiers écologistes faisaient figure de gentils allumés. Trente ans plus tard, les acharnés des énergies douces ont gagné du terrain dans les mentalités » commence l’article. Et entre les deux, rien ?  Sommes-nous vraiment directement passés des doux rêveurs aux extrémistes américains de la deep ecology qui « envisagent la nécessité de la disparition de l’espèce humaine afin de préserver la Terre et les autres espèces vivantes » ?

 

Que dans ces circonstances Laurent Larcher, auteur de La Face cachée de l’écologie, puisse écrire « L’écologie est un antihumanisme » ne surprend guère. A écologie extrémiste raccourci extrémiste ! Mais cette affirmation n’en demeure pas moins fausse. D’abord parce qu’elle confond écologie (science) et écologisme (protection de l’environnement), ensuite parce que l’humain faisant partie du vivant, il a tout intérêt à préserver lui aussi la nature !

 

L’écologisme est naturellement humaniste parce que nous ne pouvons pas nous déconnecter de la nature sans en subir de graves troubles, comme le démontre la croissance exponentielle des pathologies, du stress aux cancers en passant par l’obésité ou la stérilité. Nous vivons plus longtemps, certes,  mais dans quel état ? Et la tendance aux pathologies est telle que les jeunes pourraient désormais vivre moins vieux que leurs parents…

 

Prendre soin de notre planète est chronologiquement une question de bien-être avant d’être une question de survie. Nous pouvons fort bien vivre sans écran plat mais nous vivrons relativement mal avec un air pollué ou une nourriture à dominance industrielle.

 

« Au cœur du débat : notre place d’êtres humains » ?  Non.  Au cœur du débat : la place de l’humain dans le système ! 

 

Notre « capacité à se penser et à penser la nature » nous donne une responsabilité que les autres espèces n’ont pas. Si les ours polaires avaient leurs maux à dire, voilà longtemps qu’ils nous auraient balancés leurs grosses pattes dans la figure !

 

De ce constat de la « transcendance humaine », Sylvie Brunel, auteur de A qui profite le développement durable ?, en arrive à la conclusion qu’ « Il n’existe pas de nature qui ne soit façonnée par l’homme ».  Monsanto aurait donc déjà réussi à breveter l’intégralité du vivant ? Non, décidément, il n’existe pas de bêtise qui ne soit façonnée par l’homme !

 

L’auteur n’a sans doute pas tort de dénoncer la culpabilisation à l’écologie. Avant qu’il n’y ait de « mauvais citoyens », il y a bien évidemment d’abord de mauvais politiciens et de mauvais industriels. Mais qui vote pour les uns et achète les produits des autres ?  Au final, nous ne sommes peut-être pas tous coupables mais nous sommes tous responsables !


L’auteur conclut que « les antiécologistes d’aujourd’hui seraient des écologistes raisonneurs, au sens de « faire appel à la raison » ?  A suivre ce raisonnement, il y aurait donc, d’un côté, des écologistes idiots qui agissent et, de l’autre, des écologistes intelligents, qui réfléchissent mais, parce qu’ils réfléchissent, ne font rien au prétexte qu’ils n’auraient rien fait de mal ? Curieux raisonnement… « Le grand but de la vie n’est pas le savoir mais l’action » disait Thomas Huxley.


Laissons donc les intellectuels se masturber les neurones et abordons plutôt les arguments des quelques « antiécolos » dénichés par la journaliste.

 

Cyrille, par exemple, « refuse le discours catastrophique, la paranoïa médiatique, qu’il voit comme une tentative de détournement de la pensée, une « distraction » qui permet de rendre les esprits plus coopératifs, moins révoltés face aux grands problèmes du moment. » La baisse du pouvoir d’achat par exemple ?  Il est vrai que, à l’échelle de son nombril, la fonte de la consommation est autrement plus inquiétante que la fonte des glaces, la disparition d’emplois plus grave que la disparition d’espèces…

 

L’écologisme cesse d’être prioritaire en temps de crise, d’où l’abandon des quelques rares mesures du Grenelle qui allaient dans le bon sens. Construisons plutôt des autoroutes et sauvons l’industrie automobile !

 

En matière de manipulation ou de « distraction », il ne semble pas non plus que les médias aient vraiment cessé de vanter la croissance à tout prix et les publicités d’inciter à la surconsommation. Au risque de décevoir Cyrille, il apparaît même que le pognon et la recherche du profit dictent toujours la majorité de la communication. Jamais nous n’avons autant entendu parler de finance et les milliards d’euros ont été vers les banques plutôt que les affamés. 

 

Cyrille a raison de rappeler « qu’une véritable politique écologique se mettrait en place si des lois étaient votées ». En effet, pas de politique sans lois, indépendamment des effets d’annonce et des discours grandiloquents. Le Grenelle de l’environnement (version édulcorée), « véritable gisement de rigolade » comme le désigne le Canard enchaîné,  n’a ainsi toujours pas été voté !

 

« 90% de la population n’a pas les moyens d’acheter bio ou d’avoir une voiture non polluante » continue Cyrille. « L’argument porte » écrit la journaliste.  Non, en fait, l’argument ne porte pas. Il exaspère !  Il exaspère parce qu’il s’agit de l’argument le plus ressassé qui soit : l’écologisme serait un truc de nantis !

 

Tout d’abord, rappelons qu’une voiture non polluante, cela n’existe pas !  La Toyota Prius, avec ses deux moteurs aurait par exemple un impact écologique supérieur au monstrueux 4x4 Hummer. En effet, peu importe de consommer (un peu) moins d’essence. C’est l’empreinte écologique, de la production au recyclage du véhicule, qui compte !  De même, en matière d’économie, le plus rentable ne serait-il pas de renoncer tout simplement à sa voiture, deuxième budget des ménages après le logement et devant l’alimentation ? Pas simple à la campagne mais tellement logique en ville ! Quel citadin renonçant à la voiture n’aurait pas alors les moyens de consommer bio ?  La voiture est sacrée ?  Supprimer le téléphone portable ou les vêtements de marque dégagerait aussi suffisamment de budget pour s’alimenter correctement. Mais encore faut-il le vouloir…

 

« On est bien obligé d’aller dans les hypermarchés moins chers et plus proches » ajoute Sylvie Brunel. Les arguments de cette dame ne s’affinent décidément pas au fil des paragraphes… Des hypermarchés plus proches que les boutiques du centre ville ?  Et moi qui pensais naïvement que c’étaient au contraire les hypermarchés des périphéries qui rendaient dépendants à la voiture !  Mais les économies n’ont sans doute pas de prix et justifient bien de passer une heure dans les bouchons pour avoir le privilège de pousser un caddie dans le labyrinthe des rayons des grandes surfaces. Là où, c’est bien connu, il n’y a aucune tentation et d’où chaque client ressort avec uniquement ce dont il a strictement besoin, sans succomber aux charmes des promotions (qui n’en sont pas toujours) et des offres spéciales... 

 

Comment, avec ses deux ou trois rayons et l’absence de section "gadgets", le petit magasin bio pourrait-il donc être plus économique ?  J’ai déjà eu le loisir de démontrer cette hérésie et ne vais donc pas recommencer ici. J’invite simplement Cyrille, qui n’aime pas être manipulé, à se méfier un tout petit peu aussi du marketing : non seulement les hypermarchés n’ont jamais permis de faire des économies mais ils sont à l’origine de la gabegie économique !  Y faire ses courses tout en se plaignant du niveau des salaires ou du chômage en France traduit une belle incohérence…

 

Passons maintenant à Ariane, écrivaine de 20 ans qui « ne veut pas retourner en arrière ». A son âge, ce serait effectivement dangereux !  « Beaucoup de thèses écologiques vont à l’encontre des femmes : faire son pain, laver les couches, allaiter… Qui fera cela, sinon les femmes ? »  J’ignorais que faire son pain était l’une des principales revendications écologique mais il est sûr que les hommes auraient quelques soucis du côté de l’allaitement…

 

A la limite, je comprendrais que de telles thèses déplaisent aux boulangers, aux fabricants de couches et aux industriels de l’agro-alimentaire mais pourquoi donc aux femmes ?  A moins évidemment que les femmes considèrent, aidés en cela par la publicité, qu’allaiter soit un acte dégradant (et tant pis pour la santé de l’enfant !) et faire la cuisine une perte de temps (et tant pis pour la santé des adultes !).

 

« C’est par le progrès que l’on fera évoluer la protection de l’environnement » conclut la jeune femme libérée. Mais c’est pour sûr ! La technologie, après avoir détruit l’environnement, va relancer la croissance en réparant l’environnement !  Les déchets radioactifs vont dans un avenir proche aider à faire pousser les tomates !  Le rêve : le système continuera de bien tourner, les consommateurs continueront de bien CONsommer et Ariane continuera à avancer en toute insouciance.  Comment d’ailleurs rebrousser chemin lorsque l’on a à ce point perdu le fil ?  

 

« Pour Martin, les écologistes sont à côté de la plaque » car « les mesures ne sont pas efficaces. Les solutions sont collectives, forcément. Pas individuelles. »  Effectivement, s’il devenait obligatoire d’être écologiste, si une dictature du recyclage se mettait en place avec amendes à la clé pour les contrevenants, Martin n’aurait pas d’autre choix que de trier ses déchets et, globalement, au niveau collectif, les résultats seraient supérieurs ! 

 

« Parfois, cela rend la vie impossible » argumente-t-il. Il est vrai qu’une solution tyrannique avec absence de choix individuel rendrait la mort plus douce…  Nous avons la chance d’avoir encore le choix : soit agir au niveau individuel et devenir, progressivement, en fonction de nos circonstances, plus ou moins adeptes de la « simplicité volontaire », soit ne rien faire et attendre que la tyrannie de l’écologie se mette en place. Soit nous comporter en adultes actifs et responsables, soit laisser à d’autres le soin de décider pour nous. « La pollution n’est pas un gros problème mais six milliards de petits problèmes » disait Hubert Reeves mais la pollution deviendra un gros problème, si nous ne faisons rien ! Ne rien faire parce que l’on ne peut pas tout faire ?  « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse » dit un proverbe arabe.

 

Catherine, enfin, qui résume avec excès ce qui est peut-être le fonds du problème : « J’aime consommer, le reste, je ne veux pas le savoir ». Surtout, en effet, ne pas savoir, ne pas comprendre, rester bien confortablement allongé dans la caverne des illusions.  La journaliste tient bon de préciser que Catherine, est « bientôt à la retraite et sans enfants » On l’aurait deviné ! Elle restera donc insensible au proverbe indien selon lequel « La terre n'est pas un don de nos parents, ce sont nos enfants qui nous la prêtent. » Après moi le déluge !

 

Une telle irresponsabilité peut faire frémir mais n’est-ce pas à un tel comportement que nous invite sans cesse le système ?  A la limite, qu’autant de citoyens soient devenus responsables par rapport à la question de l’écologisme relève presque du miracle et est la meilleur preuve de l’intelligence humaine. Le « temps de cerveau disponible » n’a pas encore été entièrement formaté !

 

Comment s’y prendre vis-à-vis des "récalcitrants" ?  Infantiliser sur le thème du « polluer c’est pas bien » n’est pas la solution.  « Les écolos me donnent plutôt envie de polluer davantage, avec leurs discours de bonne sœur » précise ainsi Catherine. Face à un discours moralisateur, un certain nombre d’esprits qui se croient libres ou d’intellectuels en quête de provocations, iront en effet spontanément en sens inverse, en dépit du bon sens !  Ils n’ont pas compris – et ne voudront surtout pas comprendre que – se faisant, ils suivent la logique du système et des lobbies, qu’en refusant d’être manipulés, ils restent dans la manipulation !

 

Selon moi, la solution passerait donc plutôt par l’information citoyenne. D’où ma modeste opération « Lib’airté » consistant à diffuser gratuitement un petit conte écologique. Aucune illusion par rapport à Catherine et consorts : il est très difficile de montrer quelque chose à quelqu’un qui éteint la lumière et se met un bandeau sur les yeux ! 

 

Par contre, il devrait être possible, à mesure que l’information touchera les esprits, d’éviter que des journalistes ne rendent « sexy » ou « rationnels » de tels propos.  « Ceux qui remettent en cause les doctrines de l’écologie ont des interrogations qui valent d’être entendues » écrit ainsi la journaliste. Entendues, certes. Acceptées comme paroles d’évangiles, certainement pas! Car comme nous venons de le voir, aucun des arguments évoqués ne résiste à l’analyse.

 

« Qui sont vraiment les antiécolos ? Des irresponsables, des égoïstes, des inconscients ?  Pas forcément… » écrit la journaliste en exergue de son article. En effet, ne seraient-ce pas plutôt, tout simplement, des "désinformés" voire des "victimes" d’un système ?

 

Et par qui sont-ils désinformés sinon par les médias, la majorité des journalistes et nombre d’intellectuels qui, depuis des années, répètent jusqu’à plus soif qu’il n’y a pas de bonheur possible sans croissance et que, par conséquent, l’écologisme ne peut-être qu’au service de l’économie ?

 

Osons donc ces questions : les antiécolos ne fleurissent-ils pas d’abord sur les préjugés ?  Le problème vient-il de l’écologisme ou de la manière dont on nous présente l’écologisme ?  Et surtout : à part les garants du système, qui donc a intérêt à être véritablement « antiécolos » ?

 

Le Mendiant

Par Le Mendiant - Publié dans : REFLEXIONS
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Lundi 5 janvier 2009
2009 ne s’annonce pas, paraît-il, sous les meilleurs hospices…

La crise économique, qui devrait être durable, est pourtant une formidable occasion de passer enfin à la simplicité volontaire!

Alors que la décroissance (pardon, la « croissance négative ») menace, alors que les entreprises prennent prétexte du ralentissement pour se délester de leurs « ressources humaines », seul un sursaut humaniste permettra de surfer la vague défaitiste.

Le pouvoir d’achat est en berne ?  Profitez-en pour renoncer aux temples de la surconsommation que sont les hypermarchés. En achetant local ou bio, vous ferez de substantielles économies, notamment parce que les tentations en gadgets inutiles et polluants y sont moindres (autres arguments dans le conte alimentaire  « bon appétit »)

Le chômage menace ?  Profitez-en pour réfléchir à vos motivations, rappelez-vous que votre première richesse est votre cerveau et bâtissez un projet sur un créneau véritablement utile à la société. Un travail enthousiasmant est le plus grand cadeau que vous puissiez vous faire ! « Le secret du succès est de faire coïncider vocation et vacances » disait Mark Twain.

La précarité s’accroit ?  La figure du mendiant philosophe est rare et la simplicité volontaire ne saurait facilement s’appliquer aux plus démunis. Il faut « avoir » pour être capable de décider d’en « avoir moins », pour agir au lieu de réagir et commencer à mieux partager.  Pas de simplicité volontaire véritable en effet sans générosité à l’égard des plus défavorisés, si possible hors des circuits médiatiques manipulatoires.

Les médias enchaînent les mauvaises nouvelles et les émissions racoleuses (avec ou sans pub) ?  Mais qu’attendez-vous donc pour passer à d’autres sources d’information et de divertissement ?  La méthode la plus radicale pour transformer sa qualité de vie demeure encore et toujours de balancer son téléviseur !

A l’heure des bonnes résolutions, je vous souhaite une année 2009 pleine de joie et de réflexions constructives, sur le chemin d’une simplicité véritablement revendiquée.

« Ne confondons pas ce qui est naturel et ce qui est habituel » disait Gandhi. Afin de ne pas subir de plein fouet les conséquences des politiques absurdes menées depuis des décennies, décider de changer consciemment de voie n’est-il pas la meilleure hygiène possible ?
 
Amicalement,

Le Mendiant

Par Le Mendiant - Publié dans : REFLEXIONS
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